CHAPITRE QUATRIÈME 9I
D'autres, èomme à Douai, gardent gratuitement leurs nourrissons. D'autres refusent le paiement en assignats et demandent du numéraire.
C'est au décret de messidor que les administrations locales imputent en général leur misère. Les 3o hôpitaux du Loiret se sont soutenus jusque-là, mais les difficultés sont venues de ce que « l'administration ne recevant rieii de la Commission de secours publics a été obligée de tirer à titre d'avance sur les caisses du district *. » '
En l'an III, il y a un mouvement pour demander l'abrogation du décret. Le Conseil général de la commune de Dijon en prend l'initiative.
« C'est ce décret rendu dans un moment de trouble et de division, c'est ce décret si contraire aux principes d'humanité et de justice, si opposé aux vues d'économie... dont nous vous demandons le rapport. Il n'en est pas des fonds des hôpitaux comme des autres propriétés que la Convention a déclarées propriétés nationales, telles que les biens ecclésiastiques, ceux du domaine de la couronne et ceux des émigrés... Les biens des hôpitaux sont d'une nature différente ; la cause qui en a prescrit l'emploi subsistera aussi longtemps qu'il y aura des indigents à secourir, des enfants abandonnés à recevoir et à alimenter et des malades à guérir... Le décret qui ordonne la vente des immeubles des hôpitaux porte à la vérité que l'Etat sera chargé de subvenir à leurs besoins... A-t-on calculé avec précision les dépenses énormes qu'une semblable obligation occasionnera au Trésor public ? A-t-on considéré qu'il faut aux hôpitaux des secours journaliers, abondants et souvent imprévus ? que le moindre retard dans leur distribution y jetterait la consternation et l'alarme ? A-t-on fait attention au prix inégal des denrées de première nécessité ? à la cherté actuelle des vivres ? à la ditriculté de s'en procurer ? A-t-on fixé des fonds privilégiés dont la destination sera invariable ? A-t-on établi une caisse stable et toujours ouverte pour y