‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 81 sur 132 · CHAPITRE CINQUIÈME lOJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME lOJ

On sait qu'après avoir nommé leurs députés aux Etatsgénéraux, les électeurs de Paris constituèrent l'Assemblée générale de la Commune, avec un Comité permanent présidé par Bailly.

Le 19 août 1789, les administrateurs du Bureau de l'Hôtel- Dieu et du Bureau de THôpital-Général donnèrent leur démission. Ils consentirent néanmoins à rester en fonctions pour ne pas « laisser à l'abandon des maisons aussi précieuses à la Religion et à l'Etat, et ne pas donner lieu à la moindre interruption dans la gestion des biens et la manutention du bon ordre \ »

Le 8 octobre 1789, fut institué le Conseil de Ville, dont les attributions étaient réparties entre huit départements. Le cinquième, dit des hôpitaux, avait à sa tête, comme lieutenant de maire, de Jiissieu, professeur de botanique au Jardin du Roi, assisté de cinq conseillers administrateurs : Baignères, médecin, Guignard, chirurgien, Sabatier, de Langlard, ancien substitut du Procureur général et de la Saudade ; c( nommer ce savant médecin, disait le Moniteur, en parlant de Jussieu, c'est faire l'éloge du choix et donner lieu d'espérer qu'enfin les malheureux qui vont chercher le repos et la santé dans les hôpitaux, n'y trouveront plus les fatigues ou la mort * ».

Le département des hôpitaux était chargé par la Commune « de la surveillance et inspection des hôpitaux, de l'examen des comptes, de l'inspection du bureau des nourrices et « recommanderesses », des ateliers de charité, des bureaux de distribution des remèdes gratuits, de la visite des pharmacies, de l'inspection des établissements contre les mendiants et les vagabonds ' ».

Après le 8 octobre 1789, trois autorités rivales se disputè-

I. Brièle, Délibérations de l'ancien Bureau de V Hôtel-Dieu, Paris, i883, t. n, p. Q53.

a. Partorier, L'Assistance à Paris sous V Ancien Régime et pendant la Révolution, Paris, 1897, p. 204 et sq.

3. Compte rendu à la Commune par le département des hôpitaux, .cité par Mac Auliff, La Révolution et les Hôpitaux de Paris, Paris, i90i,in-8.

io8 l'assistance de 1791 A 1795

pent la direction des hôpitaux ; bien que démissionnaire, le bureau de THôtel-Dieu s'occupa de THôtel-Dieuetde THoôpice des Incurables. La dernière séance se tint le i5 avril 1791. Son histoire, commencée en i5o5, avait duré 286 ans. La lutte fut surtout ardente entre la Municipalité ou Commune et le Département : lutte de textes, lutte d'influences et lutte de principes. La Municipalité tenait du décret du 14 décembre 1789 l'administration des établissements appartenant à la Commune, « entretenus de ses deniers ou particulièrement destinés à l'usage des citoyens dont elle est composée. » Mais, le 22 décembre, l'Assemblée nationale chargeait les départements c( du soulagement des pauvres, de la police des mendiants et vagabonds, de l'inspection et de l'amélioration du régime des hôpitaux, hôtels-Dieu, établissements et ateliers de charité, prisons, maisons d'arrêt et de correction \ » Enfin, par une combinaison hybride, le décret du 27 juin 1790 confiait à la Commune la direction des établissements hospitaliers, mais par délégation et sous l'autorité du Département. Nous verrons plus loin les conséquences de cette lutte et les raisons invoquées de part et d'autre : en fait, la Commune conserva jusqu'au 11 avril 1791 la direction des hôpitaux. A ce moment le Directoire du Département, définitivement constitué, chargea de la direction des hôpitaux une commission de cinq membres, Montlinot, Cousin, Thouret, Cabanis et Aubry-Dumesnil ".

Le Directoire du Département conserva pendant seize mois l'administration des hôpitaux. Le 10 août 1792, la Commune, maîtresse de Paris, mit de nouveau la main sur les services hospitaliers. Elle les conserva deux ans. Après le 9 thermidor, la Convention rattacha l'administration de Paris aux douze commissions nationales, qui, depuis le 12 germinal (!•' avril), remplaçaient les ministères. Ce fut la sixième Commission, dite des Secours publics, qui hérita des attribu-

I. Parturier, op. city p. 204. — Mac-Auliff, op. cit., p. 58. a. Lettre du procureur général syndic Pastoret, citée par Brièle, op. cit., t. II, p. 285.

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