CHAPITRE CINQUIÈME IO
lions hospitalières de la Commune. La 3^^ division était spécialement chargée « des hospices et établissements de bienfaisance de la Commune de Paris * ». Les chefs de division étaient Cousin, Levasseur et Thouret.
Quand les ministères furent rétablis le lo vendémiaire an IV (2 octobre 1796), la direction et l'administration des hospices de Paris formèrent la 2® division des bureaux réorga-* nisés. Le chef était Derniau, que nous avons connu commissaire des Secours publics, célèbre par son expérience et sa compétence charitables. Enfin, le 16 vendémiaire an V (7 octobre 1796), le Directoire instituait auprès des hôpitaux des Commissions administratives élues par la Commune. Ainsi, de 1786 à 1796, les hôpitaux de Paris avaient été successivement administrés par le bureau de THôtel-Dieu, par le Département municipal des hôpitaux, par le Directoire du Département, par la Commune, par la Commission nationale des Secours publics, et par le Ministère de Flntérieur *.
Il semble que ces transformations auraient dû nuire à la permanence des traditions. Le mal ne fut pas aussi grand qu'on pourrait le croire ; derrière les changements de façade, les personnes subsistaient, chargées des mêmes fonctions, animées du même désir de soulager la misère. La lutte entre la Municipalité et le Directoire du Département fut parfois une lutte de principes et une lutte d'influences. De 1791 à 1794, le Directoire et la Commune se querellèrent souvent à propos de suppressions de postes de médecins, de rensei-
I. Décret du 16 fructidor an U (Moniteur, p. i^ ; Almanach national de Fan m, p. 162-167.)
a. La trace de ces directions successives se trouve dans le « Registre des Délibérations de THôpital Général », conservé aux archives de l'Assistance publique de Paris. Les mêmes noms se lisent au bas des ordres émanant d'autorités différentes : Jussieu pour la Municipalité, Cousin, Montlinot, Pastoret pour le Département, Derniau pour la Commission nationale.
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gnements, de réclamations. « La Commission des hôpitaux est jalousée par les uns et méconnue par les autres. Elle est regardée comme une monstruosité dans le nouvel ordre de choses ». On ne voit en elle qu'un a épouvantail d'administration, armé d'un pouvoir qu il n'a ni la faculté ni le {Iroit d'exercer, ([u'une excroissance qui défigure le corps de l'administration légale en divisant sa force et ses sucs vitaux et en s'attribuant au détriment de l'agent naturel une activité nuisible au mouvement régulier de toute la machine. . . M>
Le 29 octobre 1792, Roland, devant la Convention, constatait les conséquences de la lutte entre la Commune et le Directoire : « La (commune s'est occupée de l'administration de Paris, bien que les lois l'aient attribuée au Directoire du Département : la commission des hôpitaux nommée par le Directoire est maintenant présidée par des officiers municipaux qui ne veulent pas correspondre avec le Directoire : un des officiers municipaux a nommé individuellement aux places vacantes dans les hôpitaux, sans la confirmation du Département ; la Commune a plus fait : elle s'est immiscée dans l'administration de la maison de Bicétre, qui n'est pas dans son arrondissement*. »
A qui, du Département ou de la Municipalité, devait appartenir la direction immédiate des hôpitaux ? La question fut magistralement traitée dans un rapport de Jussieu du 16 frimaire an II (6 décembre 1793), à propos d'une nomination d'inspectrice à la lingerie des Incurables et de l'économe de la Salpètrière. Il divise les hôpitaux en deux classes :
I . Observations présentées aux administrateurs composant le Conseil général du département de Paris par M. Imbert-Bourdillon, ancien chef de bureau des hôpitaux, relevé de ses fonctions, 9 février 1793. Tueley, V Assistance publique pendant la Révolution, t. UI, p. 29.
a Rapport sur la situation de Paris, Bûchez et Roux, Hist, pari., t. XX, p. lia. Roland, étant ministre, avait été obligé de recommander à la Commission des hôpitaux le cito\en Pagny a ci-devant contrôleur des fermes gênéraies, aujourd'hui sans emploi. » Il dut passer sous les fourches caudines du « citoyen Manuel, qui avait donné l'ordre, comme procureur de la Commune de Paris, de suspendre les nominations à Fhôpital des Incurables. » (Bibl. nat., Mss, Nouv. acq. françaises, 953a, f* a64).