‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 88 sur 132 · CHAPITRE CINQUIÈME IlJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME IlJ

Il voulait diminuer le nombre des hospices existants « et faire des réformes sévères. . . Paris, cette ville de fumée et de boue, de luxe et de misère, ce grand liôpital de la République, où se trouve le ramas de tous les vices, est un grand exemple de la corruption et de l'indigence qu'entraîne à sa suite luie population trop grande. Paris absorbe pour ses pauvres plus que les neuf grandes communes qui la suivent. » Le Trésor paiera aux 48 sections, 5^i4o',ooo livres par an, soit 10 inscriptions de malades à 600 livres, 10 de vieillards à 3oo, 10 de femmes à 3oo, to d'enfants à 260 (feoit 480 pour toutes les sections).

Il y aura de plus 2080 inscriptions à répartir suivant la population.

Sont établis quatre hospices de 200 lits pour les indigents étrangers à la Commune. — Sont seuls conservés : l'hospice d'Humanité (400 lits), les hospices Jacques, de la Charité, des Pères, de Sulpice, du Nord. Ces hospices sont à la ciiarge de la Nation.

Le Trésor public fournira pour leur entretien un fonds annuel de douze cent mille livres. Le budget de l'Assistance parisienne, y compris les 2080 inscriptions au Grand Livre de la Bienfaisance créé par la loi du 22 frimaire an II, est de 5.140.000 livres par an.

Outre les hôpitaux conservés, il y aura deux hospices de femmes et vieillards ; deux sections à la Salpètrière : la première pour femmes infirmes à secours complets ; la seconde pour femmes à demi secours ; trois établissements pour les enfants de la Patrie ; deux écoles de travail champêtre et « d'économie rustique », avec un programme de cinq années d'éducation agricole ; deux établissements pour les insensés*.

Malgré les efforts des pouvoirs publics, la situation des

I. Rapport sur l'organisation générale de secours publiés par Delecloy, représentant du peuple, député par le département de la Somme (Tuetey, op. cit. y t. III. p. 127). Fils de chirurgien, membre de la Plaine, emprisonné, Delecloy fut mis en liberté après le 9 thermidor. Il devint plus tard greffier de la Cour d'appel de Paris.

(d'IT)

iiH i/assiktancb i>e 1791 A 1795

hôpitaux parisiens n'était pas brillante en Tan Y. La législation générale et la crise i*évolutionnaire avaient eu sur eux un contre-coup plus direct encore que sur les hôpitaux des dépa^ tements. En 1790, les ressources des 34 hospices ou hôpitaux parisiens étaient de sept millions dont trois en rentes, loyers et fermages, trois en octrois perçus par l'Hôpital général; quatre cent mille livres provenaient du quart de la recette des spectacles, eincj cent mille livres de dons et legs « que les riches bienfaisants s'empressaient de faire aux hôpitaux. »

En Tan V, les trois dernières sources de revenus étaient taries. Il ne restait plus <|ue trois millions de revenu nominal: la moitié de cette somme consistait en inscriptions sur le (irand Livre réduites des trois-quarts ; l'autre en loyers de maisons, dont les réparations « consommaient annuellement près de moitié de leur produit. » Quant aux dons et legs, la nouvelle législation limitait les effets de la bienfaisance particulière, et c< les circonstances rendent extrêmement rares les actes de munificence qu'on pourrait attendre des citoyens \ »

En somme, les trois millions de revenus ne produisaient net que sept à huit cent mille livres, c'est-à-dire le septième de ce qui était indispensable pour fournir aux dépenses.

I. Pétition adressée au Conseil des Cinq-Cents, le 96 brumaire an V, par les administrateurs du Département de la Seine, sur TinsufElsance des revenus des hospices civils de Paris (cités par P. Rocquain, Vétatdelû France au 48 brumaire ^ p. 4i5 et sq.). — D'une pétition de Pan UI, il résulte qu'on devait aux employés des hospices 16, 17, 18 mois de « leurs modiques appointements. »

Page 1