CHAPITRE SIXIEME
première organisation, les Commissions paroissiales sont officiellement conservées sous là direction de la Commission municipale et de la Municipalité.
Du 25 mai 1791 au 28 mars 1798, un double mouvement se dessine contre les Commissions de paroisses au profit des Commissions de sections, et contre la Commission mimicipale au profit d'une Commission centrale élue par les 48 sections. Ce n'est point seulement un mouvement charitable, c'est aussi une lutte administrative et politique. Le 12 octobre 1791, les Commissions paroissiales sont constituées. La liste en est curieuse. On y retrouve des noms célèbres, qui tenaient à prendre leur part de l'activité charitable : Dubois-Crancé, chef de bataillon, et Cerutti, député, pour Notre-Dame-de-Lorette ; l'académicien Vandermonde, pour Sainte-Marguerite ; Cochin, garde des Archives de Lorraine, pour Saint- André-dcs- Arts ; Louis-Philippe de Chartres, prince français, pour Saint-Augustin.
L'arrêté de la Commune permet aux Commissions de s^associer tel nombre de dames qu'elles voudront, pour les ' aider et les suppléer « dans les difTérents soins qu'une patiente sensibilité permet presque exclusivement aux femmes de prendre avec autant de persévérance que de succès auprès de l'humanité souffrante *. »
Les instructions données aux Commissions paroissiales sont animées d'un grand esprit de tolérance et de bienfaisance pratique. Les secours seront accordés sans distinction de culte ni de religion. « La liberté des cultes restreint les curés et autres ministres de la rehgion catholique à l'exercice des fonctions religieuses et spirituelles, et tous les citoyens, de telle religion qu'ils soient, doivent participer aux secours
I . Procès-verbaux manuscrits du Corps municipal, cilés par Robiquet, Le Personnel municipal de Paris pendant la Réi>olution, p. 633-634-
133 l'assistance DE I79I A Ijçfi
auxquels ils ne pourraient prétendre si les curés en étaient chargés *; »
Les secours devront être proportionnés aux charges, au nombre des enfants, à Tàge et aux infirmités. Chaque commissaire aura un nombre égal de familles à assister. « Les hal)itants d'une comnmne étant considérés comme une famille », il faudra, pour avoir droit aux secours, trois ans de domicile ou « lui appartenir par la naissance. » C'était une précaution contre l'afllux des indigents et des sans-travail, qui se pressaient autour des ateliers publics. Les quêtes paroissiales seront conservées et les sœurs maintenues sous la surveillance des Commissions paroissiales \
La Commission municipale de bienfaisance fonctionna régulièrement. Depuis rariH>té du 26 octobre 1791, elle administrait complètement les revenus des pauvres. Elle comprenait 21 membres du Conseil général de la Commune élu en septembre 1790. Le trésorier de la Ville lui servait de trésorier et le chef de bureau des Etablissements publics de secrétaire. Chose singulière, jusqu'au 3i août 1793, date de la cessation de ses fonctions, le personnel de la Commission municipale ne fut presque pas modifié. Le 11 mai 1792, on retrouve les noms des élus de 1790. « Les conseillers sortis ou démissionnaires non réélus en novembre 1791 continuent d'y siéger. Sur les i3 noms qui figurent sur les compte-rendus, un seul est nouveau *. »
Les renouvellements — réguliers ou révolutionnaires — du Conseil général de la Commune n'ont aucune prise sur cette organisation.
Le mouvement contre les Commissions de paroisses et la Commission municipale est à la fois, comme nous l'avons dit« politique et charitable. On ne veut plus d'organisation à base
I . SecUon des Enfants-Rouges. (Exlr. des registres des procès-verbaux des assemblées générales. Bibl. nat., Lb** 1803).
a. Robiquet, op, cit.. p. 634. ^^ Municipalité de Paris, extrait des registres des délil>êrations du Corps municipal du mercredi ii octobre 1791 (Bibl. nat., Lb** 178: Tourneux, BihUogr€iphie^ t. U, n* 5970).