CHAPITRE SIXIÈME isg
trateurs des établissements publics, aux officiers municipaux et aux membres du conseil général élus à cet effet, composeront le Directoire et la Commission municipale. » — « Les membres de ce Directoire seront renouvelés tous les 3 mois, de manière que les 48 députés participent chacun à leur tour aux fonctions administratives. »
« Toutes collectes et quêtes publiques pour le soulagement de l'indigence demeureront interdites à toutes autres personnes et sociétés particulières de bienfaisance. » — « Il est libre à tous citoyens de se réunir pour former entre eux et de leurs contributions particulières une société de bienfaisance. Les sociétés ainsi établies seront invitées à faire connaître au bureau de l'arrondissement les pauvres qu'elles assisteront. » — (( Les secours mis à la disposition des bureaux de bienfaisance seront accordés à tout citoyen, sans distinction de culte ni de religion. Ils seront proportionnés aux besoins de l'assisté et proportionnés au nombre d'enfants, à l'âge, aux infirmités. » — « Les fonds destinés à ces secours devant être regardés comme une propriété communale, la condition du domicile à Paris depuis deux ans, et depuis un an au moins dans l'étendue de la section, sera nécessaire pour y être admis. »
« Il ne sera exigé aucune condition des pauvres en état de maladie et de tous ceux dont quelque accident mettrait la vie en danger. » — « Les membres de chaque bureau se partageront la surveillance de divers quartiers ou rues de la section, de manière que chaque membre ait à surveiller un nombre à peu près égal de familles pauvres n'excédant pas 80. » — « Il y aura une visite générale des pauvres tous les 3 mois. » — « Les membres de chaque bureau sont autorisés à employer pour le service des pauvres et notamment pour celui des malades, le zèle des tilles de religion, ci-devant attachées aux paroisses et connues sous le nom de sœurs de charité. » — « Les écoles primaires connues sous le nom d'écoles gratuites ou chrétiennes seront également soumises à l'administration des bureaux de bienfaisance jusqu'à ce que, par la Convention
(1*9) Bibliothèque d'histoire moderne, — U. 9.
i3o l'assistance de 1791 A 1795
nationale, il ait été statué sur le régime des dites écoles ^ » Il faut surtout, dit la Commission, ne pas toucher aux secours à domicile si préférables aux grands hôpitaux, » qui, destinés à servir de maisons de santé, d'éducation ou de retraite, remplissent également mal cette triple destination. Avec le quart de ce qu'il vous en coûterait pour assurer la vie d'un indigent dans un liôpital, vous parviendrez à la lui faire chérir dans son domicile ; vous conserverez à sa famille un chef dont la surveillance y maintiendra les mœurs ; à la classe indigente un exemple de courage et d'activité ; à la société quelques services (ju'elle peut encore en attendre. Mais, ce but, si digne de nos vœux et de nos efforts, ne peut s'atteindre que par une administration sage et éclairée, par des secours domiciliaires et par une correspondance intime de cette administration avec celle des hôpitaux et hospices publics. Il serait peut-être à désirer que ces deux moyens de bienfaisance dirigés par les mêmes principes tendant à la même fin fussent remis à la disposition des mêmes administrateurs. 1»
Ce plan était fort bien conçu. L'élément charitable professionnel contractait un mariage de raison avec le Corps mimicipal et l'élément sectionnaire. La tradition et la permanence étaient représentées par le Corps municipal et les administrateurs des établissements publics ; l'esprit de nouveauté et de hardiesse par les commissaires de sections. Adopté le 26 mars par le Corps municipal, et le 27 mars par le Conseil général en présence des membres de la Commission de bienfaisance, le projet devait être soumis à la Convention, le 3i mars. Mais il était trop tard. Le 28 mars, un décret proposé par Vadier supprimait la Commission municipale. Elle était remplacée par une Commission centrale de bienfaisance composée de 48 membres, à raison d'un par section, élu, au scrutin, à la majorité absolue des suffrages. Ces commissaires nommaient / seize d'entre eux « par scrutin de liste et à la pluralité rela-
i . Commune de Paris. Rapport fait au Conseil municipal par la Commission de bienfaisance, déjà cité. (Tourneux, Bibliographie, t. H, n* 6a5a).