CHAPITRE PREMIER I
gratuitement usufruitière du sol; TEtat se fait par son intermédiaire cultivateur, éleveur de bestiaux, vendeur de produits. Cette brochure ne mériterait pas d'échapper à Toubli, . si elle n'était pas signée de celui qui, sept ans après, recherchait l'appui des masses ouvrières pour s'emparer du pouvoir. « Le règne des castes est fini, disait-il, on ne peut gouverner qu'avec les masses ; il faut donc les organiser pour qu'elles puissent formuler leur volonté. Gouverner, ce n'est plus dominer les peuples par la force et la violence ; c'est les conduire vers im meilleur avenir en faisant appel à leur raison et à leur cœur. »
Depuis i83o, la nécessité des réformes sociales est le souci commun du parti républicain : modérés, radicaux, socialistes visent à l'amélioration du sort du plus grand nombre. L'assistance plus ou moins vaguement formulée, le soulagement de la misère est au fond de tous leurs programmes. « Nous voulons, dit Trélat, la plus longue existence et la plus heureuse pour le plus grand nombre d'hommes possible \ » La propagande de ce « saint », comme l'appelle Michel de Bourges, est « un long cri de pitié émue par la souffrance du peuple* ». « C'est la question du mont Aventin qui s'agite, dit-il, au procès des Quinze en i83i C'est la cause qui a fait crucifier il y a 2,000 ans le philosoplie Jésus. » Les associations et les sociétés secrètes sont d'accord pour améliorer « physiquement et moralement le sort du prolétaire' ». « Notre parti, dit la Société des droits de l'iiommc en 1882, conçoit l'égalité comme but, l'assistance aux prolétaires comme premier devoir, pour agent la forme républicaine, pour principe la souveraineté publique. » De Dupont de l'Eure et d'Armand Carrel à Barbes et à lîuonarotti, orateurs et publicistes ajoutent à la Déclaration des droits de l'homme un article sur le droit des pauvres. Dupont de l'Eure préconise la limitation
I. Cilé parWeill, Histoire du parti républicain en France de 1814 à 18^0, p. 53.
a. Tcbernoff, op, cit.y p. 25o.