‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 106 sur 150 · CHAPITRE SIXIÈME l5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME l5l

tine*? QuVsl-ceque le tour? Une admirable « combinaison du génie clipétien et de Tesprit administratif de la Révolulion ». C'est le premier article de « cette législation de tendresse » que saint Vincent de Paul animait de sa flamme. La cliarité doit « avoir des mains pour recevoir; elle n'a point d'yeux pour voir, ni de bouche pour révéler ». Le tour est le seul moyen de voiler le scandale et d'empêcher rinfantieide. Supprimez les toutes, il reste « aux mères illégitimes le déshonneur accepté et affiché, l'exposition dans les lieux solitaires ou l'infanticide; l'une est la honte, l'autre est la mort, la troisième est le crime ». Prenez garde, répondaient les adversaires des tours. Le nombre des enfants trouvés augmente : de 4o>^^ ^^ ^7^' '^ ^^* monté à 5i,ooo en l'an V, à 67,000 en i8i5, à ioo,835 en 1819. Le tour favorise les naissances illégitimes en même temps que l'abandon des enfants légitimes et les suppressions d'état. L'enfant légitime abandonné reste frappé d'un stigmate, d'un préjugé injuste, « d'un caractère de bâtardise », disait Pastoret en 1816. Le tour est « aveugle et muet* ». Dans les années de disette et de chômage, les abandons augmentent; pour l'ouvrier chargé de famille, pour le veuf encombré d'enfants, le tour sert de débarras. Ajoutez que les mères changeant d'état civil deviennent nourrices de l'assistance et, grâce à ce subterfuge, peuvent reprendre comme salariées les enfants qu'elles ont abandonnés. Le tour n'est pas seulement funeste, il est immoral : « La mauvaise conduite (*st une succession de plaisirs suivie d'une peine, disait \onl Brougham'; en recevant l'enfant à l'hospice, vous laissez le

1. Discours du 3u avril i838 à lu Société de morale clirétienue.

Le système de Tadmission n'a jamais été plus violemment combattu. Lamartine flétrit l'Administration qui déplace les enfants, les arrache à leurs nourrices, les réduit parfois au suicide. *c N'avez-vous pas vu, cette semaine encore, de ces malheureux enfants déposés et morts sur les marches mêmes du Palais de la (Chambre des Députés, comme pour protester par des cadavres contre la barbarie de vos lois. »

a. Davenne, Organisation et réfçime des secours publics^ t. 1'% p. i'3o.

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