‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 111 sur 150 · CHAPITRE SIXIÈME l5j · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME l5j

dans La vie libro, içràee au patronage. Peu ou point d'évasions.

La (Commission adopte le système de Mcltray ; mais l'Etat ne peut se faire qifavee une extrême mesure industriel ou agrieulteur. Il faut doue des établissements privés, recevant des indemnités <le TEtal. Il faudra également, comme point de comparaison, une ou deux colonies pénitentiaires publiques, et, pour les natures difiiciles ou dépravées, des colonies correctionnelles en Algérie.

Le patronage s'étendra également aux jeunes lilles, victimes de leur mauvaise éducation ou d'une dépravation précoce. On leur enseignera, dans des établissements privés, ce qui convient à la femme de ménage. « Venir en aide à de pauvres enfants, rendre à la société d'honnêtes et paisibles cmvriers de l'agriculture, au lieu de jeter dans les carrefours dé nos grandes villes de jeunes êtres pervertis et prêts à toute espèce de guerre contre les lois et la société : cela rentre dans le cadre d(* rassistance et <le la i)révoyance sociale. »

L'Etat fera un bon calcul et un acte d'humanité en utilisant pour l'Algérie tant de forces perdues.

En séance le projet fut légèrement amendé. « Dans chaque département, disait l'article premier, le patronage des jeunes détenus est conlié à l'Assistance publique. »

Celte déclaration de principes disparut du texte détinitif. Il faut la citer comme point de départ de la tendance législative contemporaine sur les enfants traduits en justice.

Dans la pensée de l'Assemblée de ï85o, l'éducation cor^ rcctionnelle doit être à la fois morale, professionnelle et religieuse.

Des ecclésiastiques sièg(*nl, dans les conseils de surveillance, à côté des délégués des corps élus. L'Assemblée se défie de l'action directe de l'Etat. Elle ne veut pas charger le budget. Elle abandonne l'éducation et le patronage aux établissements privés, fondés et dirigés par les conservateurs et les catholiques.

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Il n'y eut de débat que lors de la seconde délibération.

Un montagnard, Colfavni, reprocha au projet de ne s'inléresser qu'aux enfants condamnés et de n*étre que l'application fractionnée et privilégiée de la loi sur renseignement. Roux-Garbonnel montra les inconvénients des colonies agricoles annexées aux maisons centrales ; à Fontevrault, les enfants attacliés à l'église venaient servir la messe et communiquaient avec les condamnés adultes. Mortimer-Ternaux demanda qu'on prît des précautions contre l'action malfaisante de certains parents. « Il faut toucher à la puissance paternelle », interrompit Schœlcher qui n'avait pas peur des mots. Eji abolissant l'esclavage, il avait, à l'aurore de Février, arraché le nègre à Vexploitation du maître ; vingt-cinq ans plus tard, Théophile Roussel et lui arraclieront l'enfant à l'exploitation de parents indignes et sauveront du vagabondage, du vice et du crime précoces les petites épaves de nos grandes villes.

Après l'enfance, la vieillesse et la maladie. On n'aboutit pas sur la médecine cantonale : la proposition Bertholon créait dans les cantons dépourvus d'hospices ou de dispensaires deux places de médecins rétribués par le département; elle ne fut pas votée \ Mais M. de Melun, du Nord, frère du député <rille-el-Vilaine, prépara la loi du 7 août i85i sur les hôpitaux et hospices*. C/est une réforme complète de l'assistance hospitalière. Les secours sont réparti inégalement à raison de l'inégalité des revenus ; les uns sont trop riches, les autres tmp pauvres; point de proportion entre le chilfre des ressources et le nombre des mala<les. 80 hôpitaux ont 38 millions de revenus; 669 hôpitaux n'en ont que 3 millions; tel hôpital a 92,000 francs de rentes pour traiter

1. (Compte rendu. Annexer, t. XI, p. 97. — Archives de la Chambre, n" 1097.

2. Rapports. Compte rendu. Annexes, t. XI, p. 28; t. XIÏ, p. 66; première délibération, t. XI, p. 5o8 ; t. XII. p. 3o5 ; t. XllI, p. i.V) sqq. ; t. XVI, p. 379 sqq.

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