CHAPITRE SEPTTÈME I9I
Ces persécutions effrayèrent les mutualistes et empêchèrent la loi de produire ses fruits. Cet état de suspicion jetait la défiance même parmi les sociétés les plus éloignées de la politique. Fort peu consentirent à aliéner leur indépendance en échange des avantages qui leur étaient offerts. Dix seulement se firent approuver. La nouvelle législature ne servit qu'à quelques grandes sociétés qui y trouvèrent un peu plus de sécurité.
La mutualité française a attendu un demi-siècle pour recevoir, avec la loi du i«r avril 1898, sa charte de liberté \
police résume ainsi la situation : « Les négociants tiennent les ouvriers à leur égard dans un état de dépendance tel que ceux-ci ne sont réellement que leurs esclaves. » Pour lutter, les ouvriers ont eu recours à Torganisation mutualiste, et ce même commissaire de police la dénonce « comme une arme des plus dangereuses. C'est le socialisme entièrement organisé, et pour eux le socialisme c'est la communauté ». — A Reims, les sociétés de bienfaisance et de compagnonnage ont partout pour objet d'entretenir l'antagonisme de la classe ouvrière. « La mutualité d'assistance est toujours avec le plus grsmd soin stipulée pour les cas de chômage ou de grève, jamais pour les cas de maladie, d'infirmité, de vieillesse. » (Rapport du Procureur général du a septembre i85o, cité par Tchernoff, ouvrage cité, p. a4a.) I. La loi du i'' avril 1898 reconnaît la liberté de /formation pour les sociétés, la liberté pour les unions, la liberté de placement des fonds, sauf certaines garanties, la liberté de recevoir des dons et legs, la liberté de constituer des retraites, soit sur le fonds commun, soit sur les livrets individuels.