‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 136 sur 150 · CHAPITRE HUITIÈME igS · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME igS

modifié par le Conseil d'Etat. Nous avons vu comment, le 3i janvier i85i, malgré les objurgations d*Emile de Girardin et d'Emmanuel Arago, elle avait refusé de le discuter'. A une loi d'ensemble, elle préférait des lois fragmentées qui soulevaient moins de passions ; elle construisait l'édilice pièce à pièce, sans plan général, comme un architecte qui bâtirait une maison sans se soucier du vestibule ni de l'escalier. Ce défaut de méthode venait d'un défaut d'entente : la majorité prise en bloc n'était pas d'accord sur des idées sociales directrices. Si ses membres étaient unis pour combattre le sociaHsme et défendre la trinité conservatrice — famille, propriété et religion, — ils diflëraient dans le choix des moyens : les uns se cantonnaient dans la résistance et ne voyaient d'autre remède aux misères sociales que l'invocation à la Providence et l'appel à la cliarité ; les autres, lionnnes de foi et d'expérience, catholiques et réformateurs, ne redoutaient pas de faire appel à l'action de l'Etat. Ces deux écoles ont trouvé leurs interprètes dans deux liommes que nous avons vus constamment opposés l'mi à l'autre, M. Tiiiers et M. de Melun : et, pour qui veut comiaître le mouvement social de 1848, les deux documents qui résument leurs doctrines sont précieux à interroger.

Le rapport d'Armand de Melun sur le projet Dufaure est du 26 mars i85i'. Le projet primitif enfermait dans un cadre méthodiquement tracé toute l'organisation de l'Assistance publique : institutions de prévoyance, tutelle et patronage des mineurs et des adultes libérés ; assistance par les secours à domicile et par le traitement dans les hôpitaux.

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