‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 139 sur 150 · CHAPITRE HUITIEME I · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME I

sol, avec la puissance (Vextension et le caractère de perpétuité qui élèvent un établissement à l'importance d'une institution nationale ».

L'utililé de la réforme était de supprimer une partie des entraves qui gênaient la liberté d'association reconnue par la Constitution ; son danger était de n'établir aucune distinction entre les œuvres charitables et les congrégations que le droit public traditionnel, monarchique ou révolutionnaire, soumettait à la surveillance de l'État.

Là apparaissait l'idée maîtresse. Ce que la loi de i85o avait fait pour l'enseignement, la commission voulait le faire pour l'assistance. L'Etat républicain donnait à la charité privée confessionnelle le mandat de fonder des écoles, d'organiser des refuges, des colonies pénitentiaires, des orphelinats et des hospices. Elle prenait sa place propre au Conseil central supérieur, dans les conseils locaux et dans les commissions administratives. Elle rentrait par la grande porte dans les hôpitaux d'où la Révolution avait tenté de la chasser; elle y reprenait sa primauté perdue depuis soixante ans. La charité serait confessionnelle ou elle ne serait pas. « L'Eglise, dit Montalcmbert, retrouvera dans le cœur des peuples la place qu'elle y a occupée jadis * . »

I. Cité par Lefébure : Portraits de eroxants an XI X' siècle, p. 8a. La doctrine de l'action politique ou sociale du catholicisme n'a jamais ctc plus éloqueuiment et plus franchement développée que dans le discours prononcé par Montalcmbert, le 10 décembre i85o, sur la loi du dimanche. (Compte rendu, t. 10, p. 616.) Le paladin romantique lève la visière de son casque et combat la Révolution à visage découvert.

« Elle se dissimule, mais elle vit; elle est patiente parce qu'elle croit que tout travaille pour elle; convaincue de l'inutilité actuelle de la violence, elle applique toute son énerjpe à ruiner les vieux dogmes et la vieille morale que la France professe depuis quatorze siècles. Le parti de l'ordre a pris pour cri de ralliement les trois noms de relig-ion, de propriété et de famille. Ceux qui ont inscrit le nom de la religion avant ceux de la famille et de la propriété ont dû comprendre les obligations qu'ils s'imposaient.

m ... L'État est incompétent pour définir les dogmes d'une religion, pour expliquer ou pour changer la discipline d'ime église, mais il ne l'est pas pour choisir ou pour reconnaître la religion que la société professe ou réclame... Une assemblée chrétienne ne se laissera pas arrêter par des théo-

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L'Etat se servira donc de TÉglise comme TEglise se servira de TEtat, pour leur mission commune de défense sociale, de protection des faibles el de consolation des aflligés. La mère s'appuie sur le bras séculier de sa fille ainée et la fille cherche ses inspirations auprès de sa mère divine. L'Etat, devenu catholique, conserve ses attributions, ses droits et ses obligations. L'Assistance publique qu'il a constituée, avec ses fonctions et ses organes, à laquelle il donne l'impulsion dans un sens déterminé, se concentre et s'absorbe dans la charité confessionnelle.

Thiei's, nous l'avons \n\ s'était fait donner le rapport général, à la fois par ambition personnelle et par crainte des hardiesses d'Armand de Melun. Ce document a beaucoup vieilli*. Historien disert, financier consommé, homme d'Etat assoupli par le maniement des affaires publiques et par celui des hommes, Thicrs avait à sa disposition des connaissances plus étendues que profondes, a des clartés de tout », une merveilleuse lucidité, un style clair et coiUant. Sa pétillante intelligence s'assimilait les matières les plus diverses ; droit, économie politique, commerce, industrie, questions budgétaires : rien ne le prenait au dépourvu. Les assemblées goûtent fort les vulgarisateurs, quand ils mettent à leur service une parole ingénieuse et variée. Ces dons naturels servis par une incessante activité expliquent le crédit dont jouissait Adolphe Thiers auprès de toutes les fractions de

ries téméraires ou coupables qui, tout en luttant l'une contre Tautre, ont pour lien commun l'orgueil de se substituer à la loi expresse de Dieu et à la tradition du genre humain... »

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