CHAPITRE HUITIÈME îio
France : « En possession d'un empire qui s'étend de la Méditerranée au Sahara, elle aura, elle aussi, ses Indes, dont la riche exploitation peut, dès aujourd'hui, se faire apercevoir aux esprits prévoyants. »
Thiers revient à l'assistance en montrant le champ ouvert « à toutes les activités arrogantes », à ceux « que l'impatience du présent, le dangereux ennui du connu, porterait à chercher une nouvelle existence^ ».
La mendicité est une humiUation pour la société qui la souffre; réelle, elle est un reproche pour l'état économique du pays ; volontaire, elle accuse la police du gouvernement. Il faut, contre elle, des moyens préventifs, des établissements où le mendiant volontaire ou forcé trouvera un emploi pour ses bras, un asile pour ses infirmités.
Vieillesse : Thiers est un ami de la mutualité et un adversaire des caisses de retraites. L'ouvrier qui veut être prévoyant a dans ses mains son propre bien-ôtre. La masse peut, en réunissant quel([ues économies en commun, a pourvoir k la plupart des accidents fâcheux de la vie. » Thiers approuve la loi votée par la Législative; il admet la Hberté des sociétés, la protection de l'Etat en faveur de celles qui se font approuver, la vérification et la légalisation des statuts, l'usage des caisses du Trésor garantissant la sécurité et la disponibilité du capital. « La crise môme de 1848 n'a rien coûté aux déposants, qui ont été dédommagés par des rentes. » Quant aux caisses de retraites, nous avons vu avec quelle vivacité Thiers avait combattu la retenue obligatoire'. Il reprend et ramasse ses arguments : il faut mesurer le fardeau qu'on assume, même sans y contribuer avec les
1. Eu i85o, il se créa, sous la présidence du duc de la Hochefoucauld- Doudeauville, une société pour la diminution du paupérisme. II s'agissait de fonder, en Algérie, luie colonie agricole pour quarante familles laborieuses par département, un asile pour quarante orphelins, un pénitencier pour CTuarante jeune détenus. Ce plan fut approuvé par M. d'HautpouI, Ministre Ae la Guerre, et par M. de la Hitte, Ministre de l'Intérieur. (Archives de la Seine, P. o. 4992.)