‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 144 sur 150 · Voir chap. VII, p. i8a · texte numérisé non relu

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deniers de TEtat, lorsqu'on prétend réunir dans une caisse commune ou dans un ensemble de caisses dont FEtat serait le dépositaire général, les économies de tout un peuple. Le système de la retenue obligatoire, qui consiste à retenir forcément sur le salaire une somme annuelle quelconque, est « une combinaison extravagante ». Où s'arrêtera-t-on dans la détermination des classes soumises à retenue? A quelle signe distinguera-t-on celles qui sont en état de minorité et astreintes aux règles de la prévoyance publique? Thiers suppose un versement de 3o francs par an, soit, pour les personnes des deux sexes, de qo à 56 ans, un versement annuel de 4^0 millions. Si Ton ajoute les intérêts des versements antérieurs, si Ton suppose une retraite de i5o francs par tête et de 3oo francs par ménage, on arrive k mettre, dans les coffres de TEtat, des sommes de i5 à 3o milliards, a C'est un second budget qu'il faut créer, plus énorme, plus embarrassant que le premier. Dans ce nouveau communisme, qui tend à fondre les individus dans le tout, le tout dans les individus, à ôter à chacun le soin de sa vie pour s'en charger, on arrive, par cette confusion des existences individuelles, qui détruit la liberté de l'homme, qui supprime l'emploi de ses facultés, qui transporte son action k l'Etat seul, on arrive k une addition gigantesque, laquelle contient l'avoir de tous les individus, et, de même qu'on a réuni leur avoir, il faudrait réunir aussi leur esprit, leurs yeux, leurs facultés, pour égaler leur sollicitude et rendre de leurs biens un compte aussi sûr. Ainsi, la contrainte est impraticable, car elle tendrait k' mettre l'Etat k la place de tout le monde, k le rendre dépositaire et responsable des économies de toute la nation. »

Le système de la retenue facultative soulève moins d'objections, mais le principe lui en paraît aussi contestable. On comprend que l'Etat se charge de pensionner les agents qui l'ont servi; on ne comprend pas qu'il se charge d'assurer des retraites aux divers membres d'une société. C'est un principe dangereux que de mettre k la charge de

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