Voir chap. V, p. 3a
3o8 l'assistance de 1848 A l85l
oppose un « non possumus » ; il se borne à Tapologie de la charité privée; il s'en remet presque exclusivement à elle. L*Etat est réduit au rôle de tuteur; entre lui et l'individu, il n'aperçoit pas l'intermédiaire nécessaire, la commune, véritable distributrice des secours publics. Cet homme du Tiers- État de 89, ce protestataire de i83o qui a si bien compris et expliqué le caractère politique de la Révolution Française, n'en comprend pas le caractère social. Il ne pardonne pas à Février d'avoir écrasé son ambition sous les débris du trône. Des deux Révolutions dont nous sommes les tils, la Révolution organisatrice de la liberté, la Révolution initiatrice du travail émancipé, il ne connaît et n'aime que la première. En matière sociale, il reste exclusivement homme de tradition. Il n'a d'admiration que pour les institutions charitables de la vieille France ou pour les institutions nouvelles dues à la charité confessionnelle : on l'eût surpris en lui révélant l'avènement d'une assistance dégagée des dogmes, s'é tendant à tous, appelée non à supplanter la charité confessionnelle, mais à s'y superposer et à la compléter. Méconnaissance complète des obUgations de la collectivité, prédilection pour une seule forme d'assistance privée, ignorance des conditions dans lesquelles doivent fonctionner les secours pubUcs dans une démocratie républicaine fondée sur la notion de l'État sécularisé, l'histoire doit signaler ces lacunes et ces erreui*s; si ce rapport nourri d'informations utiles et de renseignements exacts est comme l'inventaire des idées de la bourgeoisie orléaniste en matière d'assistance, la science et la pratique n'en tireront ni doctrine générale, ni solution efftcace.