CHAPITRE PREMIER 'i
Louis, à Saint-Antoine devenu la maison Saint-Ferdinand, furent créés des lits payants. L'hôpital Louis-Philippe, appelé plus tard Lariboisière, coûta dix millions et réunit les conditions de salubrité les plus parfaites.
Pour les enfants trouvés, Rambuteau assisté de Watteville restreignit Tusage des tours et surveilla les colporteurs fictifs qui apportaient des enfants du dehors. Dans une pensée de décentralisation charitable, il doubla le nombre des lits d'hospices dont disposaient les bureaux de bienfaisance : la per^ ception du droit des pauvres, mieux assurée, rapporta un million cinq cent mille francs ^ .
La Révolution de Février ne put entamer la popularité du Préfet de la Seine. Il en donne, dans ses mémoires, un témoignage touchant, bien qu'un peu puéril. Les envahisseurs promenèrent son portrait comme s'il faisait ses adieux à sa maison et le couchèrent ensuite doucement dans son lit en chantant :
Dors, papa Rambuteau,
T'as bien mérité de faire dodo ^.
Il est difficile à l'historien de se renseigner sur l'assistance privée ; à toute époque elle est discrète. Autrefois, elle fuyait le contrôle et échappait par suite à la statistique. Pour se faire une idée des œuvres de la charité parisienne à la fin du règne de Louis-Philippe, on peut consulter un opuscule intitulé : Manuel des institutions et œuçres de charité de Paris ^, « Grâce à la division du travail, dit la préface, la charité publique et privée n'abandonne pas un instant la vie du pauvre ; elle s'occupe de lui avant sa naissance pour lui préparer un berceau et du lait; elle élève son enfance dans l'asile et dans l'école, paie et protège son apprentissage, adopte l'orphelin, délivre le prisonnier, visite le malade, réhabilite le
1. Mémoires du comte de Rambuteau, Paris, igoS, in-8, p. 3a6, sqq.