CHAPITRE PHKMIER
La société la plus célèbre est celle de Saint-Vinceiit-de- Paul. Elle est fondée, en i833, par quelques étudiants en médecine ou en droit, dont le plus illustre est Frédéric Ozanam. « Au nom de la Charité, les chrétiens doivent s'interposer entre les deux camps... le camp des riches et le camp des pauvres. Dans l'un, Tégoïsme qui veut tout retenir, dans l'autre, l'égoïsme qui voudrait s'emparer de tout. » Ils doivent se faire « médiateurs » entre « un paupérisme furieux et désespéré » et « une aristocratie financière dont les entrailles s'étaient endurcies^ ». En i835, la conférence se compose de plus de cent membres, se divise en sections et se transporte sur plusieurs paroisses; en 1887, elle compte 287 membres et essaime dans les départements. En i835, son budget est de 8.419 francs ; en 1840, de 76.669 francs ; en 1845, de 562.667 francs*. La société se divise en conférences placées sous la direction de conseils locaux, soumis eux-mêmes à un Conseil général. En i845, il y a, à Paris, 35 conférences avec 1.177 membres actifs; la société secourt 2.879 familles et 1.400 enfants.
Elle compte plus de trois cents groupements en Europe, en Afrique et en Amérique. Suivant l'un de ses membres :
« Elle a cet esprit large et catholique que les barrières des nationalités n arrêtent point; » représentée comme une seule conférence auprès de la classe pauvre, elle assiste son berceau, soutient son enfance, patronne son adolescence, guide sa jeunesse dans la voie de la religion, de la vei*tu et du travail, secourt son âge mûr et environne sa vieillesse des derniers hommages ; elle a ses œuvres générales et ses œuvres spéciales.
En 1840 et en 1846, elle intervient en faveur des inondés du Rhône et de la Loire ; elle a ses caisses de loyer contre la maladie du terme, avec des primes trimestrielles proportionnées à Timportance des versements ; elle place à la campagne les enfants pauvres pour les arracher au vagabondage et les rendre à Tagriculture. Elle organise des réunions de catéchisme pour les enfants des