‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 19 sur 150 · Thureau-Dangiii, op, cit., t. VI, p · texte numérisé non relu

Thureau-Dangiii, op, cit., t. VI, p

2. Paris charitable et prévoyant, éd. de 1904, p. 384 cl sqq.

3o i/assistance DE i8^|8 A 1801

manufactures ^ Elle a ses réunions de la Sainte-Famille de Saint- Sulpiee, avec secours médicaux pour 1,1200 personnes. Ses membres parcourent la France, visitent les conférences des villes qu'ils traversent, s entendent avec les administrations publiques, pour leurs enfants trouvés, leurs asiles, leurs patronages. En somme, c'est une organisation jmissantc, servie par un zèle ardent.^

Telle est la part de la cliaritë confessionnelle, active, ingénieuse, puissante, dévouée, docile à se modeler sur les besoins de ceux qui souflrent, diversifiée suivant les souffrances, ne séparant pas le prosélytisme de la bienfaisance, appuyée sur la foi, et poursuivant la conversion de ceux qu'elle assiste.

(Quelques œuvres de charité laïque datent du xviii^ siècle. La Charité maternelle secourt les femmes veuves avec enfant, les femmes ayant un mari estropié, les femmes infirmes avec trois enfants vivants; elle est patronnée par la reine Marie-Amélie; elle reçoit 4^,000 francs du gouvernement, 6,000 francs du conseil municipal. Elle est populaire et estimée*.

Les Amis de l'enfance, fondés en 1828, visitent les familles et adoptent les enfants de huit à treize ans qu'ils placent en apprentissage. C^ambacérès a sa « Société de placement et d'apprentissage des orphelins ». La colonie de Saint-Firmin, présidée par Mole, celle de Mettray, œuvre de Demetz et de (^ourteilles, le patronage des Jeunes libérés de Bérenger (de la Drôme) recueillent les enfants trouvés ou condamnés. La vénérable Société philanthropique développe ses secours à domicile, ses distributions gratuites d'aliments, de soupe et de riz. En i843, elle secourt 2,917 malades, elle a six

I. Dans les fabriques d^iinpression sur étoffes, les enfants de 5 à i5 ans travaillaient de 6 heures du matin à 7 heures du soir pour 5o centimes : de là a la flétrissure à 10 ans, la maternité à i5 ans ». {Annales de la charité, 1845, p. 383, article d'Eugénie Michel.)

a. Annales de la charité, i84", p. 061 et sqq.

3. Dans les Misérables, Monseigneur Bienvenu la comprend dans son budget de charité pour 3oo livres en 181 7, plus « 5o livres pour celle d'Arles ».

CIIAPITUK PUEMIEU 3l

dispensaires, neuf fourneaux, 77,818 francs de dépenses, 81,789 francs de receltes \

L'assistance privée sentit dès cette époque un besoin de coliésion : en 1828, Gérando avait fondé une Société des établissements charitables. La Société de morale clirétienne groupait ses adhérents dans des comités de secours aux prisonniers, aux mallieureux et aux orphelins. En 1842, les principales œuvres catholiques de Paris se réunirent cliez M»n« de Condé, rue de (irenelle, 14, pour organiser récliange des renseignements. Le bureau était fixé chez le vicomte Armand de Melun ; ici apparaît, pour la première fois, le nom d'im des liommes qui, sous la République de 1848, ont le plus influé sur le mouvement cliaritable. Il tient sa place dans la galerie des grands pliilanthropes, entre La Rochefoucauld-Liancourt et Tliéopliile Roussel. M. de Melun est avant tout le type du catholique social. Il prêche et il agit pour les pauvres et par TEglise. « Le retour de la société moderne au christianisme, dit-il, du peuple, de l'ouvrier, du pauvre à TEglise, est aux hommes de bonne volonté comme une fonction nouvelle. » Par sa naissance, son milieu, sa formation morale, il appartenait au parti conservateur, mais son intelligence, sa connaissance des besoins du peuple, l'ardeur môme de sa foi le préparaient à comprendre ce qu'il y avait de réel dans les souffrances des masses atteintes par l'industrialisme et ce qu'il y avait de généreux dans le mouvement révolutiomiaire de Février. Il n'avait pas attendu la Révolution pour aller au peuple ; dès 1840, la sœur Rosalie avait décidé de sa vocation. Il lui avait été présenté par M»"« Swetcliine. Cette femme admirable, « la petite Rendu », connne l'appelaient ses compagnes, fut pendant cimpiante ans la providence du faubourg Saint- Marceau. C'est elle qui fut l'initiatrice, en 1840, de l'œuvre des Pauvres Malades ; c'est elle qui installa cliez elle, rue de l'Flpée-au-Bois, un des fourneaux de la Société philanthro-

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