‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 20 sur 150 · I. Manuel cité, chap. UI · texte numérisé non relu

I. Manuel cité, chap. UI

3^ t/assistanck i)k 1848 A iHoi

pique. A chaque émeute elle se dressait entre les combattants pour faire tomber les fusils. En 1882, pendant l'épidémie cliolérique, elle avait sauvé le docteur Royer-CoUard de la foule qui criait « à mort l'empoisonneur » \

Avec une pareille éducatrice, le vicomte de Melun lit des progrès rapides. Elle l'emmenait dans les garnis du faubourg Saint-Marceau. « Là, dit M. de Melun, le pauvre est plus pauvre qu'ailleurs, l'insalubrité plus malsaine, la maladie plus meurtrière; Tindustrie elle-même, qui ordinairement relève et embellit tout autour d'elle, prend, dans ce quartier, la forme de la ruine et porte les livrées de la misère ; car elle s'exerce surtout la nuit, sous des haillons, au coin des bornes et dans les ruisseaux.

« ... C'est dans ces visites, ajoute-t-il, cpie s'éveillèrent en moi ces idées libérales et chrétiennes qu'on a plus d'une fois accusées de socialisme, ce désir de travailler à la véritable civilisation, c'est-à-dire de diminuer la distance qui sépare les hommes entre eux, d'appeler le plus grand nombre à prendre sa part de ce qui a été, pendant si longtemps, le privilège et le monopole de quelques-uns, l'instruction, le bien-être et même l'indépendance *. »

1. Ambroise Rendu, Une sœur de charité, La sœur Rosalie et ses œuvres, p. 8. Après les journées de juin 1848, la sœur Uosalie inlervini fréquemment en faveur des insurgés. Elle élail en relations d'amilié avec M"* J. Cavaignac, femme du conventionnel et mère du général Eugène Cavaignac. Gelle^i lui écrivait, le 3o octobre 1848 : « Lorsque vous avez parlé à mon lils de ceux que vous croyiez plus égarés que coupables et qu*il vous a dit de lui envoyer leurs noms, il n'était pas encore question de ces commissions de revision, et il devait croire que ceux qui seraient désignés, sur recommandation de gens dignes de foi, comme méritant le pardon, seraient graciés el renvoyés. Mais depuis Pinstitution de ces commissions, ce sont elles seules qui, en revisant les jugements, prononcent sur le sort des accusés. Mais mon lils n'a rien à faire, du moins quant à présent, et les commissions ont seules à décider, à confirmer ou révoquer les jugements déjà rendus. Vous savez bien, ma mère, que si les choses dépendaient de nous, votre parole à vous, sainte servante des pauvres de ce quartier, desquels depuis quarante-six ans vous êtes la mère et la providence, vous savez bien que votre garantie nous serait la meilleure de toutes; mais encore une fois, du moment que tout a été remis entre les mains des juges, c'est à eux seuls à prononcer ». ((Catalogue d'autographes Charavay, n' 56i47.)

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