CHAPITRE DEUXIÈME
gage à garantir l'existence de Fouvrier par le travaîl; il s engage à garantir du travail à tous les citoyens ; il reconnaît que les ouvriers doivent s'associer entre eux pour jouir du bénéfice légitime de leur travail. Le Gouvernement provisoire rend aux ouvriers, auxquels il appartient, le million qui va échoir de la liste civile.
Le don du million n'était qu une flatterie. Le trésor public n*était pas assez rempli pour qu'on se permit celte largesse. Au surplus le million tomba dans la caisse, et la mesure dans roul)li.
La reconnaissance du droit (rassocialion répondait au vœu des masses ouvrières. L'alïirmation du droit au travail, avec l'obligation pour l'Etat de fournir les moyens de vivre à tous les citoyens, était grosse de tempêtes. L'ouvrier Marche, qui l'avait introduite dans le décret, ne se doutait pas que cette phrase contint le germe de tant de crises ^ .
L'idée pourtant n'était pas nouvelle.
Dès 1844* Lamartine reconnaissait le droit au travail « pour les cas extrêmes et dans des conditions définies, pour cause de vie seulement, propter çitam...* ».
La Renie des Deux- Mondes félicitait le Gouvernement provisoire. « Personne, disait-elle, n'a pu nier en principe, depuis que la pensée française a commencé l'émancipation politique, le droit des individus et des masses au bien-être comme récompense de leur travail*. »
Le peuple de Paris ne se contentait pas de déclamations. Le 28 février, mie députation de plusieurs milliers d'individus réclama l'organisation du travail et exigea qu'on nommât
1. F. de la Gorce : Histoire de Ut seconiie fiépubliquc française (Paris. 1887), 2 vol. in-8, t. !•% p. III.