‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 27 sur 150 · Lamartine, op. cit., t. IV, p. m et ia · texte numérisé non relu

Lamartine, op. cit., t. IV, p. m et ia

X Daniel Stern : Histoire fie la Hévolation de 1H4H, l. V\ p. 89. — Aux élections de 1848, beaucoup de candidats conservateurs se dirent parUsans de transformations sociales. Le duc de Mouchy, dans TOise, voulait « achever Tœuvre de ia Révolution sociale de 89». Les bonapartistes emboîtaient le pas. Persifrny demandait « à affranchir le peuple de la servitude de la misère ».

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Louis Blanc ministre du Progrès. Louis Blanc menaçait de se retirer, une scission pouvait entraîner une émeute. Lamartine comprit le danfçer :

Citoyens, dit-il en luontraut quatre pièces de canon, vous me mettriez à la bouche de ces pièces, que vous ne me feriez pas signer ces deux mots associés ensemble : organisation du travail. . . Je ne signe i)as ce que je ne comprends pas; je ne signe que les engagements que je puis tenir au peuple... En demandant l'arbitraire de l'État sur le capital et sur le salaire, c'est l'anéantissement du capital, c'est-à-dire de la source de tout travail qu'on vous fait rêver, c'est votre faim et votre soif, c'est la misère et l'exténuation de vous, de vos femmes et de vos enfants que vous demandez... Entendez-vous, au contraire, par organisation du travail, l'œil et la main de la République sur la condition des ouvriers pour l'élever, l'éclairer, l'améliorer, la moraliser sans cesse ? Entendez- vous des institutions d'enseignement professionnel, de noviciats, de secours intellectuels et matériels aux ouvriers, d'éducation gratuite pour leurs enfants, d'assistance pour leurs inlirmes et leurs vieillards, d'association mutuelle favorisée par l'État i^our les faire travailler pendant les époques de chômage forcé et de crise comme celle oii nous sommes... une répartition de plus en plus équitable et chrétienne de l'impôt? — Oui, dirent les délégués, voilà ce que nous voulons !

Le (iouvernemenl provisoire céda en partie : il créa Ui (Commission du gou^^ernemeni pour les travailleurs; elle siégeait au Luxembourg, sous la présidence de Louis Blanc et la vice -présidence d'Albert. On détournait le coup : au lieu d'un ministère» d'action, on accordait mi conseil délibératif; on se déchargeait sur le réformateur de la responsabilité de la réforme.

Les professions de foi des candidats à TAssemblée constituante sont « le tableau synoptique » de cette époque. « Liberté, égalité, fraternité, organisation du travail, telles

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sont les idées maîtresses de la Révolution nouvelle \ La mutualité et Tassistanee sont indiquées eomme des moyens de faire disparaître le conflit anarehique de tous les intérêts et de tous les eflbrts, Fantagonisme fratricide, faussement appelé libre concurrence* ».

Beaucoup de candidats demandent des crèches, des salles «Fasile dans les bourgs et dans les villes, des indemnités aux malades, des pensions de retraite aux vieillards; des cours criiygiène dans les campagnes « pour remédier à la dégénération amenée par les guerres de l'Empire; » des caisses pour les invalides du travail; im hôtel des invalides civils pour tout ouvrier hors d'état de travailler ^

Il faut, dit Clément de la Côte-dX)r. « rétablissement de caisses d(* secours et de retraites poiu' tous les travailleurs malades ou intirmes, au moyen d'une légère augmentation de salaire payée par le patron et dont le fonds serait administré par les travailleurs eux-mêmes, outre Fallocation de [)rimes, basées ^ur Texcédent de production obtenu par le bon travail et l'aptitude de l'ouvrier ».

Poulain, des Ardennes, demande : « Une crèche ou asile dans chaque commune pour tout enfant d'ouvrier au-dessous de huit ans ; un hôtel des invalides civils pour tout ouvrier hors d'état de travailler; entin une pension d'Etat à toute veuve d'ouvrier avec enfants, à tout orphelin, à tout ouvrier blessé ou devenu vieux ([ui justifierait d'une conduite honorable. Ce serait une dépense de 88 à 90 millions par an. Mais cette

1. Henry Moysset : Vidée (rorf^anisalion du travail dniin les proJeHsions de foi des eandidals à V Assemblée eonslitiiante de iHjH, dans Im Révolution de /^^A?, niars-ftvril 1906, p. a7 sqq. — Les citations suivantes sont extraites, soit de cel iirliele, soit de doeunients dont nous devons la communication à Tobligeance de M. Moysset.

2. « Manifeste électoral du (Uul> central de Torganisation du travail » rédigé par Jules Lechevalier, saint-simonien, puis fouriériste; Jules Lechevalier devint plus tard rédacteur au journal La Tribune des peuplais. \\ fut» après l'affaire du i3 juin 18^19, traduit devant la Haute-Cour de VersaiUes.

3. Professions de foi d'Oudol, du Douhs; de Pellarch, des Côtes-du-Nord ; de Despaijçnol-Lafayette, de l'Ariége. (Documents communiqués par M. Moysset.)

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somme, fùl-elle même plus considérable, nous ne devrions point reculer, parce que le droit à la vie est le premier devoir de tous. » — Escanyé de Vinça (Pyrénées-Orientales) veut que la charité évangélique soit mise en pratique : que les ouvriers de chaque commune aient une caisse de prévoyance pour venir au secours des malades, des infirmes, etc.

La notion du devoir social est affirmée : « Sur une faible production de blé, dit Cotte, des Basses-Alpes, je puis distraire quelques décalitres pour mes frères nécessiteux. » — H Je veux, dit Payer, chef du cabinet de Lamartine, qu'on vienne au secours de ceux qui souflrent, non plus à titre de charité, mais à titre de devoir. » Comme dans les Cahiers de 1789, la question de la mendicité et des remèdes temporaires contre le chômage est posée devant la nation. Léopold Graflfin (de la Sarthe) se prononce pour la fondation « d'ateliers agricoles et industriels, destinés à servir de refuges en même temps que d'institutions modèles à tous les travailleurs ».

« L'Administration, qui doit être la providence du pauvre, trouverait par là moyen de fournir de l'emploi à tous les bras inoccupés, et de débarrasser les grandes cités industrielles de ces masses de mendiants et de vagabonds, dont le nombre, qui va toujours croissant, devient pour la sécurité publique un motif d'inquiétude. »

« Plus de mendicité dans la République française! s'écrie Desmont (des Ardennes) ; il faut que celui qui ne peut travailler ou qui manque d'énergie soit chaque jour certain de se trouver à l'abri du besoin et que la nourriture, l'habillement et un asile ne lui fassent jamais défaut. »

Armand de Melun fut d'abord candidat à Paris. « Etranger aux partis qui ont successivement gouverné et divisé la France, » il voulait servir la « cause des plus faibles et des plus malheureux de nos frères ». Il poursuivait « avec persévérance la création des institutions qui devaient leur donner une meilleure place dans la famille humaine : en protégeant leurs inléréliî, il défendait ceux de la société tout entière, car,

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