‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 28 sur 150 · CHAPITRE DKUXIEMK . f · texte numérisé non relu

CHAPITRE DKUXIEMK . f

eu dépit des inétianees mutuelles uées d'uu trop loug maleuleudu, le soulagenieut de eelui qui souffre est inséparable du bien-être de celui qui travaille et de la sécurité de celui qui possède; chacun, pour être libre et heureux, a besoin du bonheur et de la liberté de tous. C'est à Tapplicatlon la plus complète, la plus étendue de cette solidarité universelle qu'il faut demander la solution des questions qui s'agitent en ce moment entre le travail et la propriété, le bénéfice et le salaire, le droit d'acquérir et la certitude de conserver; grands et difficiles problèmes posés par la justi(;e et que la 1 raternité seule peut résoudre ! »

D'autres candidats condamnent la charité : l'organisation du travail aura pour conséquence la « désuétude graduelle des institutions de bienfaisance^ ».

Le plus violent est Gaillard, ouvrier lithographe, candidat dans le département de la Seine. Il conmience comme un de ces conventioimels qui s'écriaient « plus d'aumônes ! plus d'hôpitaux ! ' »

« Ne qualifiez plus d'aumône le pain donné à vos frères. 11 est humiliant de donner le nom de charité à un devoir sacré, car Dieu a dit au riche : Je le fais dépositaire de ces richesses afin que tu en fasses part à ton frère pauvre ; et au pauvre : la noblesse de tes sentiments doit te tenir lieu de richesse... Arrière donc tous ces mendiants qui quêtent pour fonder des hospices, des maisons de secours, abus de la société. Aujourd'hui, on ne doit plus en appeler au cœur de chacun ; c'est mi devoir, c'est un impôt pour chaque citoyen de se préserver mutuellement de la misère. Noire devise est de faire à autrui ce que nous voudrioiis qu'il nous fît '. »

1. Déclaralion du Club central de l'organisation du travail, par Jule« Lechevalier.

a. Voir VAssisiance ttous la Légialatwe et la Convention, p. ^. '). Cité par M. Moysset, art. fi té, p. /^o, noie.

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40 l'assistance I)K 1848 A l85l

« Nous avons trois mois de misère au servi(*e de la République ! » avaieul dit les ouvriers de Paris. La eapitale était au régime des manifestalioiis : manitestations le i(> et le 17 mars pour rajouruement des éleelious ; manifestations le ij avril pour le (iouvernement provisoire. Le Irésor était vide : les retraits des fonds des eaisses d'épargne avaient forcé le gouvernemenl à limiter à 100 francs le montant des remboursements ; le reste était payé en rentes 5 »/„ au pair, alors que bons et rentes p(»rdaient '3o et 4<> "/«• I/impot des 45 centimes sur les quatre contributions, décrété h» 16 mars, avait été si mal accueilli qu'on avait été obligé d'apporter à la règle plusieiu's exc<»ptions. Les r(»mèd(*s ([u'on avait imaginés irétaient que d(»s palliatifs. La (commission du Luxembourg avait réalisé des réformes, mais à longue échéance, et sans (»net sur la crise. Elle avait apaisé, comme arbitre, des difcultes entre <mvriers <»t patrons et (»nq>éclié quel<iues grèves ; elle avait provoqué les décrets sur la diminution des heur(\s de travail cl sur Tabolition du marchandage ; <»lle discuta aussi les ateliers sociétaires (un ateliiT social de tailleui's fonctionnait à Cli(*hy et pratiquait Tégalité des salaires), les colonies agricoles, la banque d'Etal, le travail dans les prisons, dans les couvents et dans les orphelinats' ; elle concéda des travaux d'é(|uipement à des associations ouvrières.^Louis Blanc « le premier ouvrier de France» » exerça une action sincèrement modératrice. « 11 présentait au |)eiq)le, dit Lamartine, de faux systèmes, mais il ne j)rèchail pas de mauvais sentiments ». Il tenait à marquer les limites de sa doctrine: « Nous n'avons jamais entendu que» l'Etat se fit accapareur d'industries, qu'il devînt l'unique industriel... Ce que nous avons dit. ce que nous soutiendrons, c'est que VVAaï

1. Dès mars 1848, les ouvrières réclaiimieul la suppression <lu travail dans les prisons, connue de nature à avilir les salaires.

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