CHAPITRE DKUXIÈMK
doit intervenir entre le faible et le fort pour protéger le faible... L'Etat proteeleur des malheureux, l'Etat tuteur, voilà ee <tue nous avons demandé. Notre principe c'est celui de la solidarité humaine. Nous croyons que les faibles et les forts, que les riches et les pauvres, que les hommes instruits et les ignorants sont tous de la même famille, et que, lorsqu'ils arriveront à le bien sentir, il n'y aura entre eux ni division, ni querelle, ni haine possibles \ »
Ce qui manquait surtout à Louis Blanc pour réaliser ses ateliers sociaux, c'était le crédit. « On discutait autour d'une marmite vide*.» Malgré le cours forcé, malgré la prorogation des échéances, malgré la fondation des comptoirs d'escompte, les capitaux se cachaienl. Le nombre des sanstravail augmentait. Les ateliers nationaux furent un expédient d'urgence imaginé par le gouvei»nemcnt aux abois pour arrêter le chômage. Marie, représentant des idées modérées, les avait créés contre Louis Blanc. Dès le 27 février des chantiers de t(*rrassement avaient été ouverts à Clamart, à la gare de l'Ouest, sur la ligne de Sceaux à Orsay. Emile Thomas proposa d'organiser rend)rigadement : il fut nommé commissaire et s'installa au Parc Monceau. Le i5 mars, il y avait 6.000 hommes embauchés ; il y en eut So.ooo le 3i ; 100.000 à la fin d'avril ; 1 18.000 le i5 jidn ; onze hommes composaient une escouade, cinq escouades une brigade, quatre brigades une lieutenance, quaire lieutenances une compagnie.
Chaque chef de service commandait trois compagnies et obéissait lui-même à un des ([uatorze chefs d'arrondissement. C'était une véritable armée, moins la discii)line. Les hommes, venus de tous les ateliers de la capitale, manquaient d'aptitudes ; tout ouvrier était admis sur un simple bulletin de la mairie : la province envoyait ses chômeurs ; les garnis de Paris, qui ne contenaient <pie i(),o<k) ouvriers en
1. Cité par Lcvassour : Hisioirc des classes otu^rières, de /;•% à iH^o (nouv. édil., Paris, iç)oi-i9a"i, a vol. in-8), l. 1", p. 371.