‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 39 sur 150 · C.IIAPITIIK DEIXIKMK (>I · texte numérisé non relu

C.IIAPITIIK DEIXIKMK (>I

On n'a pas attendu la Révolution de 1848 pour pratiquer tout cela; à Grenoble, il existe depuis 4« î^ns plusieurs sociétés de secours mutuels qui procurent du travail sur cette base.

Ici, M. Crépu entre dans de longs détails sur les sociétés de Grenoble qui sont au nombre de 26 ; 18 pour les hommes et 8 pour les femmes.

Il conclut en disant qu'il faut que TÉtat donne du travail, qu il le surveille, et que l'ouvrier s'habitue à la prévoyance. Tout cela doit se trouver dans la Déclaration des droits et des devoirs.

Ici, M. Crémieux, délégué du 10*^ Bureau, reprend l'exposition de l'avis de ce Bureau, interrompu à la séance d'hier.

Les révolutions ont des objets divers ; la Révolution de 1848 est une conséquence et non un accident; elle n'a pas été faite pour modifier une forme gouvernementale, mais pour essayer de donner plus à ceux qui ont moins.

Si la République n'aspire qu'à être un changement de forme, si elle se contente de mettre un Président responsable au lieu d'un roi héréditaire, elle périra bientôt, et alors il y aura une révolution dont rien ne pourra dominer la force ; il faut prévenir cette révolution, en améliorant la situation du peuple.

M. Thiers, en comparant la société à l'individu, pour lequel il y a des devoirs parfaits et des devoirs imparfaits, dit que la société a pour devoir de garantir la propriété, la sûreté, la liberté, l'égalité, mais que c'est seulement la vertu qui conseille quelque chose relativement à l'instruction, au travail, à l'assistance.

Cette discussion est capricieuse ; on ne peut comparer la société à l'individu.

Pour toutes les sociétés ou familles, pour la famille naturelle, pour la famille qui constitue la patrie ou celle qui formera l'humanité, il y a des devoirs, et le premier de ces devoirs, c'est de faire vivre les membres qui composent ces familles.

C'est là une obligation et non une vertu.

Le droit des gens lui-môme fait un devoir à la nation, sur le sol de laquelle tombe un mallieureux naufragé, de nourrir cet homme, et combien, à plus forte raison, la famille française ne doit-elle pas nourrir ses enfants ?

La société doit protéger la propriété, la terre, le sol, et elle ne protégerait pas l'homme, elle laisserait mourh* la créature humaine ? S'il en était ainsi, il ne faudrait pas s'étonner que le peuple se plaignit et appelât les gouvernants des boui*geois.

Que deviendra le dogme de la fraternité, si l'on se conduit ainsi ? Le travail est un droit pour l'ouvrier et un devoir pour la société. Nous aurons une révolution nouvelle, si on ne veut pas consacrer ces idées et donner une part de pain à ceux-là auxquels Dieu a donné une part de soleil.

Les obstacles que présente la mise à exécution de ce droit au travail ne sont pas insurmontables; d'une part, rien ne sera plus

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aisé, avec de bons administrateurs, que de savoir quand il y a chômage réel, et, d'autre part, M. Thiers a reconnu lui-même qu'on pouvait organiser des travaux pour 3 ou 400,000 ouvriers. S'il y a possibilité de donner du travail dans cette proportion, il n'y a donc point d'impossibilité absolue, et alors ce n'est plus qu'une question d'argent, devant laquelle on ne peut s'arrêter. On peut faire cent millions d'économies sur le budget. D'ailleurs, il n'y aura rien de nouveau dans la Constitution que nous allons faire, que la reconnaissance de ce droit au travail ; si ce droit n'est pas consacré, la Révolution de Février ne sera pas plus définitive que celles qui l'ont précédée.

Il ne s'agit pas d'enlever le salaire, car, comme le disait le délégué du 5« Bureau, le salaire n'a rien d'humiliant, il est dû à tous. Les serfs sont devenus libres ; libres, ils sont devenus citoyens ; citoyens, ils doivent avoir des devoirs, sans doute, mais ils ont aussi des droits, et, si le premier de ces droits n'est pas le droit au travail, la Révolution n'est plus qu'un mot auquel le peuple ne donnera pas sa sanction.

C'est Thiers qui répondit à Crémicux :

Ceux qui veulent élever parmi nous une nouvelle société n'ont rien trouvé de nouveau, de sérieux.

Il n'y a rien à faire que de développer l'industrie, de multiplier les travaux, et comme, dans l'activité industrielle, il y a des retours, des trop-pleins, des chômages, il faut économiser pour ces temps maUieureux, et pour faciliter l'économie, il faut favoriser les caisses d'épargne.

Sous le gouvernement décliu, on avait poussé à fond les caisses d'épargne en leur donnant tout à la fois une sécurité complète, un intérêt élevé et une rentrée immédiate.

On a peut-être été fort loin, car l'obligation de rend3om»ser immédiatement a amené une espèce de banqueroute.

On a fait beaucoup aussi pour les caisses de retraite et l'instruction du peuple. Au delà de ces idées que trouve-t-on ?

Rien. Le Gouvernement provisoire, qui a eu entre les mains une dictature si complète, n'a rien imaginé.

Les socialistes ont trouvé... quoi? l'abolition de la propriété? Ce n'est pas une nouveauté philosophique, c'est une idée absurde. L'association ? c'est la plus ridicule de toutes les utopies qui se produisent parmi nous.

Je suis prêt à le démontrer à tous.

Elle a été essayée chez quelques fabricants de Paris, elle n'a produit que des ruines.

Il n'y a qu'une bonne chose à faire, c'est d'avoir une grande prévoyance dans l'administration.

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