‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 42 sur 150 · Compte rendu, t. IH, p · texte numérisé non relu

Compte rendu, t. IH, p

a. Ihid.

6S Bibliolhètfue ffliistoire moderne, — III. 5

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Cette affirmation était téméraire. Le dioit individuel disparaissait ; il ne restait plus (pi'un devoir social de fraternité républicaine.

La Répid^lique ne doit pas borner son action à protéger la liberté, la propriété, la famille, ces premiers biens, ces biens impérissables de l'humanité. Elle ne doit pas se borner à dire : J'ai des lois contre les pervers; contre les malfaiteurs, j'ai des gendarmes et, contre les factieux, j'ai du canon.

Sa foi lui assigne une mission plus large et plus élevée. Elle est la tutrice active et bienfaisante de tous ses enfants ; elle ne les laisse pas croupir dans l'ignorance, se pervertir dans la misère ; elle ne demeure pas indiflcrente devant ces crises de Tindustrie qui jettent des armées de salariés sur les places publiques avec l'envie au cœur, le ressentiment et le blasphème à la bouche : implacable contre la révolte, elle est compatissante, Immaine. prévoyante pour le malheur; elle recommande, elle honore le travail, elle l'aide par les lois, elle en garantit la liberté ; mais lorsqu'un chômage forcé vient paralyser ce travail, elle ne ferme pas .son cœur, elle ne se contente pas de gémir en répétant : Fatalité ! Elle fait appel au contraire à toutes ses ress<mrces en s'écnaut : Fraternité !

En sonnne le droit au travail était supprimé ; le droit à l'assistance timidement reconnu était limité quant à son objet, quant à ses moyens, (piant à son application, puisque l'assistance n'était due qu'aux nécessiteux hors d'état de travailler, à défaut de la famille, et suivant les ressources de la République.

La discussion du paragraphe 8 commença devant TAsseniblée le ii septembre et dura jusqu'au i5. Vingt et un orateurs occupèrent la tribune. Mathieu de la Drôme, (ilais-Bizoin, Pelletier, Ledru-UoUin, Crémieux, Billault, alors radical, depuis Ministre d'Etat du Second Empire, défenchrent le droit au travail. Il fut attaqué par ïocqueville, Dnfaui'e, Duvergier de Hauranne et Thiers. Lamartûie était entre les deux camps. (Considérant, avait demandé quatre séances du soir pour déve-

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loppor l<* liHiricrisine : ou les lui reiusa. Tous les orateurs se irelanièrenl de rEvau|<ile el de la Uévolulion franvaise ; les souvenirs de Juin les obsédaient. Les soeialisles allirmaient la dette de TKtat. « Il n'y a eu, disait Mathieu de la Drônie, (fu'une seule révolution dans le monde: elle date de dix-huit sièeles. 11 n'y a eu qu'un seul révolutionnaire: je n*ai pas besoin de citer son nom. C/est celui (jui est venu sur la terre prêcher la charité, ré|<alité des droits... Le droit au travail (*st parallèh* au (h'oit ile pi'opriété. Le di'oit de la faim passe avant tous les autres... Un homnu' exténué de fatigue el mourant de faim, arrive au milieu d'un verjçer ; il n'a qu'à l(»ver la main et cueillir (iuelqm»s fruits pour assouvir sa faim. Je suppose (pril y aille pour lui de la vie; eh bien, s'élèvcra-t-il une* voix dans cette enceinte pour dire qu'un homme, <piel (pi'il soil, placé dans de semblables conditions, même par une faute», même par un crime, c(»t homme fùt-il un échappé du bagne de Bresl ou de Tendon, doit mourir de faim ])lut(M que de toucher aux fruits appartenant à autrui*? » Mathieu pose en thèse \v délit nécessaire, le délit de nécessité, c(»lui (pii résulte d'une c(»ntrainte irrésistible, et par suite n'entraîne aucune pein(\ Il ne veut pas (hi droit à l'assistance « dégradant el démoralisateur »; il condannie la taxe des ]>auvres : « \'oulez-vous, dil-il, faire de la France une aulre Irlande? » P(mr le socialiste Pelletier, le droit au travail est le pi*ix <le la Révolution de Février : le peuple y compte, le peuple l'attend'. Ledru-Ilollin se reporte à la définilion des s(M'(»urs publics, donnée par la ('.onventi(»n, et à la discussion d'avril I7})3\ 11 s'abrite, suivant sa coutume, derrière Robespierre, dont il s(» croit l'hérilicM*, et allirme le

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