I. (U)inplt' rendu, l. VI, p. -ji
CIIAHITIIK TIIOISIEMK ^9
invalides, non comme une aumône, mais comme une dette, comme une récompense ; non <lans un liospice. mais chez lui. afin qu'il ail un chez lui jusqu'à la fin. et qu'il vieillisse et meure en paix au sein de sa famille ^
Avant lui, Tabbé Deji^uerrv, curé de Saint-Eustache, avait été entendu par rassend)léeetproclamé candidat à Vuiianimité nu)ins deux voix. Le prêtre et le pasteur se retrouvèrent souvent assis sur les mêmes bancs « ne hittant (jue de zèle pour le bien public et pour \o pro|;i*ès i\v la tolérance et de la fraternité ». En 18^9, au congrès de la paix, 1<» jour anniversaire de la Sainl-Bartliélemy, ils se jetèrent dans les bras Tua de Tautre.
Coquercl fut élu par ioo.(x>o voix. Il fut l'àme et le guide de la commission de rAssend)lée (pi'il présida avec Wolowski comme vice-président. Le ])rocès-verbal a été conservé*. Les discussions sont moins théoriques qu'au comité de Constitution. Il y a là des administrateurs, des philanthropes qui apportent les résultats de leur expérience personnelle. Le compte rendu des bureaux révèle les deux tendances. Yergnes, Garnier-Pagès trouvent le projet timide : ils cherchent à reprendre le droit au travail sous forme d'une assistance par le travail assurée aux valides momentanément inoccupés. Mais 1(» projet est trop hardi, « trop socialiste », pour la majorité. « Il faut, dit Poisle-Desgranges, commissaire du quatrième bureau, oter à la loi tout caractère socialiste en lui conservant le caractère philanthropique d'une mesure de secours v[ de charité ». Pas d'ateliers nationaux, mémo en miniature ; pas de charité légale : elle agit sans discei'uemenl ; pas de comités cantonaux : ils portent atteinte au droit des donateurs ; pas de centralisation des ressources. Athanase Co(pu»rel se place entre les deux partis: « Le projet présente
1. Discours pronoiici' par le pasleiir Athanase Coqiierel, le mercredi 12 avril. Pièce cunimuiiiquée par M. Moysset.
2. Archives «le la Chambre des dépiilês. (Constituante, <lossier 88, n" i (du Ci décembre 18^8 an 2^ janvier 18^9); n"2(du a février 1849 au 19 février 1849). Les citations ci-dessous sont extraites du procès-verbal.
8^) l/ ASSISTANCE DE l84H A l85l
un cadre plutôt qu'un tableau : il faut le remplir et ue pas se borner à le dorer. La soeiélé doit Otre en état de donner du pain à celui qui a faim, et, mieux encore, de procurer de l'emploi à qui désire travailler. Mais, d'un autre côté, apparaît le danger de ressusciter les ateliers nationaux et de voir la société se substituer à la famille. L'hospice.... détache de la famille; il dispense des devoirs sacrés que les enfants sont appelés à remplir au point de vue de la morale et de la religion. » Coquerel se prononce pour Tintervention de « l'élément ecclésiastique» (|ui permettra d'établir une poUce morale ^ ».
Le QO décembre, on al)orde la question tlélicate : «Est-il possible d'organiser en temps de chômage de grands travaux à prix réduit? » La Commission du travail était saisie de deux projets, l'un de Ferrouillat sur les caisses de retraites, et l'autre de Waldeck-Rousseau sur les caisses de prévoyance. Ce fut un argument pour ceux qui ne voulaient pas d'ateliers de secours. Tout le monde reconnaissait la nécessité du développement de la prévoyance. Vergues, le plus i*adical des commissaires, insistait dans son plan sur les institutions d'épargne. Wolowski voulait fournir aux travailleurs « des moyens de réunir et de conserver leurs ét>argnes afin de les associer aux avantages de la propriété, qu'ils sont trop disposés à considérer comme une institution privilégiée dirigée contre eux et à laiiuelle ils ne peuvent pas atteindre. » La ([uestion est déjà d(* savoir si U\ j)révoyance ne rendra pas l'assistance inutile.
La discussion générale met aussi aux pris(»s rassistanc<' publique et Tassislance privée. Les amis de l'assistance privée font réloge de son efficacité. Elle est avant tout, dit Bérenger (de la Vienne), locale, intelligente ; elle va chercher la misère à domicile, la surprend en quelque sorte pour la soulager. L'assistance publique est souvent inintelligente, mécanique: elle répand ses dons à l'aveugle. On peut compter