CHAPITRE THOIS.IÈME
faveur, ils arriveraient par une pente facile à Tidéc qu'en acceptant un secours, ils réclament ce qui leur est dù\ »
La conclusion de Goquerel lui est inspirée par son expérience charitable et conciliante. La loi sera impuissante si les mœurs ne la complètent pas ; elle repose « sur une initiation plus complète des classes aisées à l'exercice de la bienfaisance... En France on prend sur son revenu, non sur son loisir; on donne des secours bien plus que des soins. Cest ce genre d*égoïsme que la loi contribue à déraciner... Si nos habitudes patriotiques et, ne craignons pas de le dire, religieuses à la fois, se mettent rapidement en harmonie avec les créations de cette loi nouvelle..., il est permis d'espérer que des jours meilleurs luiront pour notre patrie si violemment agitée, et que la réconciliation sincère de toutes les classes de citoyens deviendra la meilleure garantie de tous les progrès et de toutes les libertés * ».
Pas plus que sa devancière de 1789, la (Constituante de 1848 n'aboutit à voter sa loi d'assistance. La politique l'absorba. Le II décembre, comme pour se lier elle-même, elle plaça cette loi au nombre des lois organiques qu'elle devait discuter avant de se dissoudre. « Ne pas régler les devoirs de la société envers l'humanité soutirante, disait Delaporte, ce serait, pour l'Assemblée de 1848, ne remplir qu'une partie de la noble tâche que le pays lui a imposée '. » Le 8 février 1849, l'Assemblée changea d'avis. L'article 3 de la proposition Râteau ne prévoyait, comme devant être votées avant la dissolution, que la loi électorale, le budget, la loi sur le Conseil d'Etat, la loi sur la responsabilité du président de la République et sur celle des ministres. Le montagnard Ceyras demanda qu'on y ajoutât la loi sur l'assistance « la loi de fraternité qui doit être faite la première. Vous avez donné de l'argent, des choses matérielles aux classes souffrantes, mais des institutions, vous ne leur en avez pas encore donné... Les misères,