CHAPITRE QUATRIEME lOO
Le 20 novembre i85i, les Iralernités des xi« et xii^ arrondissements se réunissaient dans la grande salle de l'Institut des sourds-muets, rue Saint- Jaeques. Il y avait alors 176 fraternités à Saint-Etienne-du-Mont, dont 62 au collège Rollin, 44 au collège Sainte-Barbe, 70 Ibrmées de l'association libre des habitants; pendant Tannée i85i, i5 familles avaient été tirées de la misère, 7 enfants placés en apprentissage, 6 emplois obtenus pour des chefs de famille, 2 vieillards hospitalisés. L'œuvre, dit M. Rataud, dans un élan d'enthousiasme, réalisera « le système d'assistance le plus conforme à l'esprit chrétien comme aux nobles instincts d'un peuple libre... Grâce à ses ellbrts, la misère ne sera plus qu'une épreuve momentanée : pauvre aujourd'hui, bienfaiteur demain, il s'établira une sorte de solidarité aifectueuse entre l'indigent de la veille et le riche du lendemain » \
Cette réunion est la dernière dont nous ayons retrouvé la trace. « L'œuvre des fraternités, dit M. de Melun, avait un péché originel, elle était née avec la République, et lui avait emprunté son nom ; elle devait périr avec elle, au moins dans sa vitalité et dans son expansion*. » Elle ne survécut que dans quelques paroisses, sous le nom A'Œiwre des familles^.
Le principe originaire en avait été repris par les membres de l'Église réformée. Quelques dames protestantes avaient fait partie des dizaines catholiques et en avaient constaté l'efficacité charitable. Dès mars i85o, M. Lallbn de Ladébat, conseiller de Préfecture de la Seine, fondait « L'Œuvre des Familles ou des Dizaines » parmi les membres de l'Eglise réformée de Paris. «La conformité de foi, disaient les statuts.