‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 75 sur 150 · HO · texte numérisé non relu

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CHAPITRK QUATRIEME lîl

Les idées personnelles de M. de Melun se formulèrent avec précision dans une brochure intitulée : De V Intervention de la société pour prévenir et soulager la misère ^ . C'est une critique ardente de l'organisation sociale, et un essai doctrinal d'assistance méthodique. Armand de Melun se défend d'être, soit socialiste, soit individualiste; le socialisme ferait « de l'Etat le possesseur de tous les capitaux, de tous les revenus, de tous les produits » ; l'individualisme, en condamnant toute intervention de la loi entre le patron et l'ouvrier, le capital et le travail, en attaquant « la charité légale au profit de la charité privée », aboutirait à l'impuissance. Abandonnée à ses seules forces, la charité privée est dans l'impossibilité absolue de soulager la misère ; telles sociétés, qui recueillent les orphelins sans ressources, en adoptent loo sur 4-5oo qui sont délaissés. Chaque année, si la société de la Miséricorde devait secourir toutes les familles de pauvres honteux, chacune recevrait 5 francs par an.

Le tort du Gouvernement de Juillet, dit M. de Melun, est d'avoir abandonné les questions de travail et de misère aux passions inexpérimentées de la foule et aux perfides lumières de l'esprit de parti... Des hauteurs de la société, il évitait de .regarder en bas, «de crainte du vertige* ». Or, en bas, quel spectacle ! « Par une dérision cruelle, la misère est plus multipliée et plus hideuse là où le travail fait le plus de merveilles et accumule le plus de richesses : les villes manufacturières, les grands centres de la fabrique et de l'industrie ont des caves qui manquent de lumière, d'air, d'espace, mais non d'habitants. Dans ces réduits, plutôt terriers que logements, végètent, souflrent et meurent des créatures humaines, aux

1. Paris, Pion, 1849. Cette brochure, fort rare, parut d'abord dans les Annales de la Charité^ 1849, eu deux articles : premier article, p. 337 > deuxième article, p. t^oi.

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