CHAPITRE CINQUIEME lag
créer sur une vaste échelle la i)révoyance sociale, pour substituer à r aumône qui dégrade...
Montalembert, — L'aumône honore celui qui la fait et celui qui la reçoit...
Victor Hugo, — .... poui» substituer à Taumône qui dégrade, l'assistance qui fortifie...
Montalembert, — Non, non, F aumône ne dégrade pas. Elle honore également celui qui la fait et celui qui la reçoit ' . . .
Vainement, le poète chercha à émouvoir TAssemblée par des peintures romanesques digues d^Eugène Sue ; il montrait des familles entières vivant pèle-mèlc, n^ayant pour lit, n^ayant pour couvertures que des monceaux infects de chiffons en fermentation ; il dépeignait au moment du choléra une mère et ses quatre enfants, cherchant leur nourritm*e dans les débris immondes des charniers de Montfaucon ; il accusait la société d'avoir laissé dernièrement un jeune poète mourir de faim : « Vous am*iez mieux fait de venir à son secours », lui cria Lebœuf. Cette froide phraséologie faillit compromettre la proposition. < Si elle a pour objet, dit M. de Beaumont, d'embrasser tout ce qui peut influer sur le bien-être matériel ou moral des classes ouvrières, c'est un sujet sans limites, c'est un océan sans rivages ». « Ce qu'il faut prévoir, disait Dufaure, ce ne sont pas ces accidents funestes, irrémédiables, mais les accidents passagers qui, aujourd'hui, troublent le travail de l'ouvrier..., ces misères momentanées qui peuvent cesser soit par les secours de l'Etat, soit par l'assistance des individus. »
Dans une réponse improvisée, M. de Melun fil appel à la collaboration, non d'un parti, mais de l'Assemblée tout entière. « Mon discours, dit-il, fut d'une grande concision et je ne réponds nullement de la correction du style et de beaucoup d'ordre dans les idées, mais c'était im appel à tous les hommes de eœiu* et de bonne volonté '...»« Arrivé dans cette enceinte avec la résolution de défendre et de soutenir la cause de ceux