‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 91 sur 150 · CHAPITRE CINQUIEME l3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME l3l

qu*en i85o. Ses procès-verbaux remplissent deux registres des archives de la Chambre \ Elle lut le centre du mouvement cliaritable. Dans ses dossiers allluèrent les plans, les systèmes, les brochures, les élucubrations de tous les réformateurs sociaux. C'étaient des études sur le paupérisme, sur la colonisation, sur. Tassistance dans les campagnes, sur les bureaux de bienfaisance*. Martin Doisy envoie un mémoire sur le placement des vieillards à la campagne dans le canton de (ienève; Tingénieur Pernolet, sur l'organisation de comités d'assistance rurale ; Frary, inspecteur du travail des enfants dans l'Oise, sur les caisses d'épargne et les salles d'asile : « On reproche aux prêtres, dit-il, de distribuer les aumônes en vue de la religion; des familles très pauvres ne reçoivent pas de secours parce qu'elles ne fréquentent pas les églises ; c'est une injustice, la charité doit être tolérante, elle est la mère de tous les pauvres. » La Commission fut, pour la Législative, ce qu'avaient été le Comité de Mendicité à la Constituante, celui des Secours publics à la Législative et à la Convention. Elle ne se cantonna pas dans l'assistance, le patronage et l'Iiygiène. On y discuta ardemment le crédit, l'obligation de l'enseignement et, par-delà, les droits de la charité privée, la liberté des associations et le rôle de l'Eglise dans la démocratie.

Pour les liommes de 1848, l'assislance et la prévoyance étaient inséparables. On ne peut isoler l'étude des lois charitables et hospitalières de celle des lois économiques sur les caisses d'épargne, les sociétés de secours mutuels et la caisse des retraites. Quant au socialisme proprement dit, il s'était réfugié sur quelques bancs de la Monlagne ; ses apparitions à

1. Dossiers 169-170. Procès-verbaux de la Coiuniission d'assistance el de prévoyance, du i3 juiUel 1849 au 6 février i85o.

2. Archives de la Chambre, dossier 169. Parmi les 42 brochures conservées, il en est plusieurs de singulières : celle de Ciiraud organise des conseils de conservation sociale de douze membres, distributeurs de livrets et chargés d'assurer le bien-être des ouvriers. Petitjean propose des ateliers de pré-^ i voyance placés sous l'invocation de la Vierge et la protection des saints: c'est un mélange d'idées tirées de Louis Blanc et de conceptions mystiques.

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la tribune étaient rares el mal accueillies. Nous n'avons trouvé que deux propositions qui s'en inspirent. Le ai juin 1849, Pelletier déposa un projet sm* «Textinclion de la misère et l'abolition graduelle et pacifique du prolétariat ». C'était un aubergiste du Rhône qui s'était signalé à la Constituante par un discours sur le droit au travail. Ses idées manquent de netteté. Il voulait créer, avec les fonds de l'Etat, des établissement de crédit public et des associations volontaires agricoles et industrielles, chargées de procurer du travail à tous les citoyens inoccupés ou, à défaut de travail, des moyens d'existence. Les produits devaient être écoulés dans les bazars ou magasins publics. Les septuagénaires et infirmes devaient être recueillis dans les cliàteaux de l'Etat transformés en maisons de repos. Des comités cantonaux et départementaux, élus au suffrage universel, surveillaient cette organisation. Un comité supérieur de dix membres, touchant chacun cinq mille francs, dirigeait l'ensemble. Des conseils de famille étaient à la tcte de chaque association.

La Révolution de Février a donné le jour à un monde nouveau : à ce monde nouveau, il faut une organisation nouvelle. L'oublier et vouloir faire reprendre au peuple ses vieilles habitudes, lui faire recommencer sa vie passée, suivre les mômes errements, c'est vouloir à nouveau l'anarchie, la guerre sociale... En février, le peuple offrit à la République trois mois de misère ; il lui en a accordé douze de plus. Pour de si longues et de si cruelles souffrances, ne mérite-t-il pas d'être récomi)ensé ?. . . »

Ce projet ne fut guère pris au séiieux. Les Annales de la Charité y virent « l'application du socialisme avec ses spoliations et ses excentricités impossibles». Retiré par son auteur, repris par Desfontaines, il réunit, le j janvier i85o, a voix contre 428'.

Le projet de Jules Leroux, député de la Creuse, ne fut

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