CHAPITRE CINQUIEME l
fervent, il voulait en môme temps opposer une barrière aux empiétements du clergé ; à ses yeux, la cliarité légale est un devoir. « Les devoirs n'existent pas dans les codes... Ce sont des obligations qui ne touclient que la conscience : la société ne doit rien à celui qui n'a rien ; on ne peut exiger d'elle qu'elle soit clirétienne et lui imposer les lois évangéliques ; pour en arriver là, il faudrait unir l'Eglise à l'Etat. » A cette doctrine brutale, (>)querel opposait la Constitution : « La société serait coupable de laisser un homme mourir de faim ; la misère est assez grande pour appeler contre elle l'union de tous les frères : l'assistance peut être organisée de manière à laisser à la cliarité privée toute sa liberté : ces deux formes du bien doivent être admises ^ ».
Après cet échange de vues, la (Commission se partagea en trois sections: la première, dite de Venfance, étudiait les secours maternels, les bureaux de nourrices, les enfants trouvés, les crèclies, les salles d'asile, les colonies, le patronage et l'apprentissage ; la seconde s'occupait des associations ouvrières, des caisses d'épargne, des secours mutuels, des secours à domicile, de l'assainissement des Iiabitations, des bureaux de bienfaisance, des avocats des pauvres, des moyens d'empéclier le chômage ; la troisième, des infirmes, des vieillards, des aliénés, des hôpitaux et hospices *. Les discussions de principe alternaient avec des projets plus modestes, conlîés à des rapporteurs spéciaux qui «paraient à un abus, écartaient un excès et étudiaient la protection de la société sur les abandonnés^ ».
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Au fond de tous ces projets apparaissait le même problème : quels droits fallait-il reconnaître à la charité privée? Quel domaine lui réserverait-on? Quelles seraient les clauses du