‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 98 sur 150 · CHAPITRE CINQUIÈME l · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME l

esprits inclinent avec force vers la décentralisation administrative, que la charité privée peut craindre sérieusement d'être absorbée par T Assistance publique. » La discussion fut momentanément ajournée. M. de Melun la reprit lors de son rapport sur le projet Dufaure.

Pour les hommes de la Législative, l'éducation populaire était une des formes de l'assistance. «L'atelier, disait Blanqui dans son Petit traité des classes ouçrières ' , fait partout une guerre sourde et incessante à l'école, et l'on est sur de trouver au service du manufacturier l'enfant qui manque à l'appel de l'instituteur ». Fallait-il obliger les jeunes ouvriers, les apprentis, à fréquenter les écoles? Oui, disait Dupin avec sa connaissance de l'enseignement professionnel, et il invoquait l'exemple de l'Angleterre, de la Prusse, de l'Autriche, des Etats-Unis, de la Belgique :

Ni les patrons, ni les pères n'ont réclamé, car l'enseignement est nécessaire à l'ouvrier, même pour le succès de son travail. L'homme ne peut lutter contre la force de la machine, que par le développement de son intelligence. Pour cette association avec un agent x)hysique, il a plus besoin de son esprit que de son corps. Le père qui n'envoie pas son fils, jeune ouvrier, à l'école, expose son intelligence et ses mœurs. 11 ne doit pas lui être permis de priver ainsi son fils de l'éducation dont il a besoin pour devenir un homme d'ordre et de morahté... La société est intéressée plus que jamais à enlever les jeunes ouvriers à toutes les mauvaises doctrines, à toutes les passions anarchiques. L'école paraît le contre-poids de ces dangers *.

Non répondait Buffet, «la loi... ne peut imposer à l'autorité paternelle la nécessité d'agir...» Il ne faut pas « obliger un père d'envoyer son flls à une école dont les principes répugneraient à sa conscience... » La loi ferait « rentrer par

Page 1