‹ L'Assistance Technique Aux Petits PsychopathesChapitre 5 sur 13 · TRAITEMENT SANS HOSPITALISATION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT SANS HOSPITALISATION

Le problème de la santé mentale repose surtout, pour un grand nombre de nos contemporains, sur une bonne adaptation à leur milieu, à leurs occupations.

La consultation de l’hôpital découvrira bien, chez le malade atteint de « douleurs articulaires », un début de saturnisme, et lui en fera écarter la cause dangereuse; elle trouvera, de même, chez le représentant de commerce, veau pour troubles digestifs, la cirrhose menaçante, et lui indiquera à quel métier il faut renoncer, sous peine de la vie ; elle dépistera aussi, chez l’adolescente soumise à une mauvaise hygiène respiratoire, la prédisposition tuberculeuse

- qu'un changement immédiat de milieu et de travail suffira peut-être à conjurer. Elle ne pourra pas préciser au psychopathe les éléments de son ambiance, désastreux pour son équilibre mental.

Ce ne peut être là, en effet, l’œuvre de l'hôpital ordinaire. C’est — à l'étranger du moins (Amérique, Suisse, Angleterre, Allemagne, etc.), — la fonction du dispensaire psychiatrique, qui, aidé de son labo-

ratoire et de l'enquête de ses visiteurs, établit à à

la fois, par des épreuves psychiques, les limites d'actions, d’impressions que le patient ne peut dépasser impunément et celles des exigences de son

milieu qui sont incompatibles avec son potentiel

ainsi précisé.

Le dispensaire recherche ainsi, chez le patient et

autour de lui, les causes matérielles de ses troubles el peut donner ainsi de précieux conseils.

«ll est clair qu’un vieillard capable de fournir une certaine somme de travail utile, ne peut être assujetti au même rythme de production qu'un jeune homme.

« L’adulte éinotif, « nerveux » qu’ « un rien bou-

leverse », pourra être un très bon teneur de livres, rendre d'excellents services dans un bureau où son côté faible, l'élément émotionnel, ne sera pas mis à contribution. Ce travail, auquel il sera parfaitement

adaptable, deviendra chez lui l'exercice quotidien nécessaire. Il en tirera une source de joies, sera un

être content, rendra heureuse sa famille. Mais si, pour augmenter son gain, il veut se transformer en vendeur, et se livrer, lui, si impressionnable, aux émotions exaspérantes suscilées d’une part par les

exigences des clients, d'autre part par la sévérité du |

chef de rayon, ce malheureux n'accomplira ses

fonctions qu’au prix d'efforts continuels sur lui-

même. Chaque épisode de sa journée sera une lutte déprimante, un ébranlement continuel et néfaste de son système cérébral qui le mènera peut-être à

Sat

Vasile, qui lui coûtera, en tous cas, en soins, repos

forcé, restrictions ultérieures de travail, infiniment plus que ce que lui aura gagné pendant quelque temps son changement de métier.

« Que de gens, au lieu de s’exposer à lâcher la proie pour l'ombre, à tout perdre en voulant trop gagner, pourraient bénéficier de conseils donnés par

les dispensaires ! Que de malheureux grossissent

chaque jour la masse des mécontents, des revendicants sociaux, sans se douter que leur amertume, leur découragement, leur révolte, provient simplement d’une erreur : ils ne sont pas à leurs places, ils sont soumis à un genre de vie pour lequel ils ne sont pas faits, ou leurs occupations comportent des conditions mauvaises pour eux, tel l’élément émotionnel dans le cas ci-dessus ; il leur suffisait de corriger cette erreur matérielle pour recouvrer l'équilibre, la santé, le bonheur. £ « Ainsi donc, chacun devrait savoir limiter ses dépenses mentales suivant ses disponibilités (1). » Le dispensaire psychiatrique des pays cités s’occupe de préciser tous ces éléments, d'orienter l’intéressé vers une voie en rapport avec eux, et lui

fournit, s’il y a lieu, tous les moyens d'obtenir ce

résultat.

Pour citer des faits, voici quelques observations.

D'abord celles recueillies en Suisse et communiquées

par le D' Maier (2) :

1. René Cony, L'Hygiène mentale, base du rendement de l'individu, de sa valeur sociale et de son bien-être.

2. D' Maier, médecin de la policlinique de Zurich, cité par MM.Tou-

H, Marié 2

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