Nous ne pouvons garantir que cette liste soit complète
Le Syndicat agricole de la Champagne publie un bulletin, qui, sous la forme d’un grand quotidien, paraît le 3° dimanche de chaque mois, traitant les questions économiques ou syndicales, rendant compte des réunions et des fêtes, donnant les eours des denrées, etc.
Le Syndicat a créé dans la grosse majorité de ses sections une caisse rurale du type Raïffeisen. Un directeur et un inspecteur administrent ce qui s'appelle le Groupe champenois des caisses rurales, sorte de fédération qui coordonne les efforts individuels, solidarise les participants et facilite l’étude des questions qui intéressent la marche des affaires. Les desservants des paroisses comptaient parmi les administrateurs les plus zélés des caisses rurales. Ils ont dû démissionner sur un ordre venu de Rome. Voici, en effet, une note que nous relevons dans le Bulletin syndical du 19 février 1911 :
« Mgr le Cardinal archevêque de Reims, dans une lettre qu’il adresse à son clergé, à la date de 25 janvier, rappelle le décret et fixe la date du 19 mars comme dernière limite, pour les prêtres qui doivent donner leur démission d’administrateurs de syndicats agricoles, coopératives, caisses rurales ou œuvres semblables.
Si MM. les Curés donnent leur démission du Conseil d'administration, ils n’en doivent pas
moins, d’après la parole même du décret, continuer leur dévouement aux œuvres économiques, par exemple en tenant les écritures de la Société, en rédigeant la correspondance, etc. C’est d’ailleurs ainsi qu’agissent nos confrères qui ont établi ces associations utiles. Ils leur rendent service sans avoir aucun titre dans le Conseil d'administration. »
Il semble donc que les ecclésiastiques doivent surtout éviter de prendre un titre qui engage leur responsabilité ; mais que rien ne s'oppose à ce qu'ils remplissent effectivement le rôle le plus actif dans l’administration des caisses et des institutions similaires. Leur influence s’en accroît évidemment, car elles sont variées, les œuvres qui se constituent sous le couvert de la loi, dans le but de lutter contre l’individualisme étroit qui éparpillait au lieu de les grouper, les forces matérielles et morales dont disposent les populations rurales.
C’est ainsi que la section d’Avaux-le Château, fondée le 19 décembre 1899 pour la reconstitution du vignoble, après la création d’une caisse rurale, instituait successivement :
Le 14 juillet 1900, un syndicat d'industrie agricole;
Le 5 mai 1901, une laiterie coopérative;
Le 18 novembre 1902, une caisse de retraites
pour la vieillesse, qui devait s’adjoindre en 1905 une caisse de dotation, comptant à l'heure actuelle 37 jeunes adhérents:
Le 20 avril 1904, une caisse d'assurances mutuelles contre la mortalité du bétail:
Le 1°: novembre 1905, un syndicat de fermières, pour l’achat et la vente en commun, « en restant dans les limites du mandat gratuit autorisé par le Code civil. »
Enfin, bien que cette étude ne doive s'étendre qu'aux Ardennes, il nous est impossible de passer sous silence une œuvre qui trouva son fondement et son appui dans le Syndicat agricole de la Champagne, d'autant plus que sa réussite peut donner une indication pour l'avenir, au lendemain des événements graves qui ont agité, ces temps derniers, le vignoble champenois.
À Chamery, non loin d’Epernay, sévissait comme dans toute la « Montagne de Reims »
la crise viticole qui suivit de près les riches années 1890 et 1893. En 1904, 14 vignerons constituérent le Syndicat viticole et agricole de C'hamery, « mirent en commun 7 caques de raisins à l’hectare, soit, à raison de 60 kilos la caque, 420 kilos, et décidèrent de faire du champagne. C'était un saut dans l’inconnu. Le vin fut très bon; meilleur, chose extraordinaire, que tous les vins des particuliers. Mais, en faire du cham-
pagne, c'était bien plus osé. La fabrication du champagne demande des connaissances spéciales, des soins assidus. De plus, on ne peut guère livrer le vin qu’au bout de deux ans. C’est un capital immobilisé, et le vigneron a besoin de son argent. Avec la caisse rurale, pas d’hésitation : la coopérative s'adresse à la caisse et paie ses fournisseurs rubis sur ongle, au cours moyen de la vendange. Ce n’est pas tout; le champagne coûte à fabriquer, de 90 centimes à 1 franc par bouteille ; on en a tiré 10.000 bouteilles. C’est encore 10.000 francs à trouver avant toute vente. La Caisse rurale est toujours là. Mais la liquidation de l’opération, que fut-elle ? Le vigneron attendit, il le pouvait, puisqu'il avait touché le prix de son raisin, et quand le champagne fut écoulé, la Caisse rurale remboursée, tous les frais payés, on lui rendit... cent pour cent.
C'était assez pour faire apprécier le Syndicat. Le vigneron comprit l’utilité de mettre toute sa récolte à la cuvée syndicale, la coopérative devint une puissance ; elle prit un gros lot de raisin, les acheteurs ordinaires rencontraient un concurrent. En 1904, la coopérative fit majorer les prix de la caque de raisins de 5 francs, soit 30 francs par pièce ; ce fut un gros résultat et pour les syndiqués et pour les non-syndiqués qui en profitèrent.
On put offrir au commerce une cuvée considérable, bien fabriquée, uniforme, d’une qualité supérieure et très égale. Une partie de cette cuvée fut vendue et le reste mis en réserve pour le champagne. Après tous frais de vinification payés, amortissement de matériel, ete., on rendit aux syndiqués 5 francs par caque de raisins, soit 30 francs par pièce. On était alors 45 syndiqués, tout le monde eût voulu l'être.
1 fallut s’agrandir : le Syndicat dut acheter maison, caves, terrains. Les œuvres sociales se greffèrent aisément sur la coopérative par suite de la même impulsion et des nécessités nouvelles. La maison syndicale offrit un toit à toutes les œuvres et, disons-le, à toutes les fêtes ; cercle d'études, coopérative de consommation, caisses de dotation, de retraite, société de secours mutuels, chorale, jeunesse catholique, confrérie de jeunes filles, toutes les œuvres syndicales se mettent à l’abri sous le mêmes toit ; et les syndiqués y trouvent aussi les honnêtes distractions d’un repos bien mérité, jeux, billards, théâtre, ete. Dans ces œuvres nombreuses, tout le monde à sa place: place d'honneur et place de travail.
La coopérative a procuré d’autres avantages.
Le travail si minutieux, si long, si délicat du châmpagne se fait par les membres du Syndicat.
Les journées leur sont payées au tarif des ouvriers: de cave. La manutention des vins, les soutirages, la mise en bouteilles, le dégorgement, le bouchage, l'habillage des bouteilles procurent au vigneron, pendant les mortes-saisons, un travail rémunérateur. Ce n’est plus l’aisance, c’est la prospérité.
Travaillant pour le bien commun, c’est-à-dire pour son propre bien, le vigneron est obligé d'étudier, de s’instruire. Il sort du cercle étroit de ses petits intérêts égoiïstes et locaux. En perfectionnant ses connaissances professionnelles par: la pratique, l’expérience, l’étude, il améliore progressivement les conditions de son travail,
ses méthodes de culture, et cela profite à tous,
aux syndiqués d’abord, puis à ceux qui, n'ayant pas voulu s'associer, profitent indirectement de la puissante organisation du syndicat et des. connaissances qu'il multiplie.
Les conséquences de cette œuvre modèle que l’on peut entrevoir pour l’avenir du vignoble champenois sont incalculables. Il n’y a plus. de doute possible, l’avenir est à la mode syndicale, au vin fait en commun. Là, plus d’inégalité dans la qualité, plus de vinification défectueuse, et, pourquoi ne pas le dire, plus de fraude possible de la part du vigneron. Mais, par contre, plus d'exploitation par les intermédiaires, cour-
tiers marrons de tous genres. Avec nos sections viticoles, le consommateur est assuré de boire du vrai vin de champagne. Sous la marque du Syndicat, il trouve un produit absolument naturel, vin de première cuvée, choisi, travaillé avec les meilleurs soins et les méthodes les plus. perfectionnées…
Le grand commerce aura toujours sa raison d'être; mais quel avantage ce sera pour lui de trouver des cuvées considérables parmi lesquelles 1l pourra choisir en toute sécurité. Il ne sera plus sous la quasi-dépendance de ces. courtiers qu'il paie et qui exploitent ensuite le vigneron. Ce que le haut commerce n’a pas voulu, n’a pas osé tenter : faire disparaître ces. vins mousseux de toute provenance, liquides quelconques qui nuisent à la réputation du champagne, produits frelatés de goût douteux, qui provoquent toutes les indispositions et tous. les malaises, la coopération des vignerons y parviendra. Au lieu de se passionner pour des questions secondaires de délimitation, que nos. vignerons s'associent pour faire leurs vins en commun, donnent au consommateur par le syndicat chrétien les garanties qu'il est en droit d'exiger. » ‘
1. Extraits d’une communication présentée le 8 juin 1909, par- M. de Bohan, au Congrès de l’Union centrale des Syndicats, à Nancy.
Le Syndicat de Chamery à changé de nom, fin de 1910. Il est devenu « l'Association coopérative viticole de Chamery », qui continue le même genre d'opérations sur les vins, et aussi fournit à ses adhérents toutes les denrées nécessaires à l’alimentation, au grand désespoir du commerce local. Très prospère, le nombre de ses membres augmente d’année en année. Chamery a, du reste, été épargné lors des sabotages d'avril 1911, les émeutiers estimant que le Syndicat ne faisait pas la fraude.
L'exemple de Chamery fut suivi par diverses autres communes du vignoble champenois, Avenay, Trépail, Verzenay, notamment; mais le succès ne fut pas toujours égal. Si nous recherchons les causes de certains échecs, sinon complets, du moins partiels, nous pensons les trouver dans le peu de désintéressement qu'apportèrent à l’administration des syndicats certains de ceux qui en avaient assumé la charge, et qui, au lieu d’être des coopérants sincères, sous le couvert de la Société, faisaient des affaires exclusivement personnelles, opérant même sur des vins dits « de fraude. » Ainsi les intentions les plus louables manquent leur but, et les meilleures institutions périclitent, par la faute d’un égoïme malhonnête ou peu scrupuleux.
Et puisque nous nous sommes laissé entraîner
a. es
hors des Ardennes par cette digression toute d'actualité, qu’il nous soit permis, avant d'y rentrer, d'émettre une opinion personnelle sur la possibilité d’enrayer la crise du vignoble marnais, grâce au syndicalisme. L'expérience heureuse de Chamery ne pourrait-elle se généraliser ? Serait-il impossible de fonder l’union des syndicats du vignoble vraiment champenois, et de créer ainsi une marque qu'il conviendrait ensuite de lancer dans les pays importateurs ? Cette coopération empêcherait toute fraude, et la marque syndicale serait une garantie de l’origine des vins. Pour cela, de fortes avances de fonds, des millions sont nécessaires, car il faut plusieurs années après la récolte avant d’écouler le vin champagnisé, et, en attendant, il faut vivre et aussi entretenir la vigne à grands frais. Il conviendrait aussi de mettre en route plusieurs voyageurs pour faire connaître cette marque nouvelle et créer sa réputation. Si les caisses de crédit agricole ne voulaient ou ne pouvaient assumer cette lourde responsabilité, pourquoi une autorisation spéciale du gouvernement, au besoin ratifiée par une loi, ne mettrait-elle pas à la disposition du vignoble syndiqué toutes les avances nécessaires, garanties par le stock en cave ? Nul besoin alors de délimitation, mais la liberté laissée à chacun, et
l'écoulement normal des vins sous le couvert de ce que nous voudrions appeler l'honnêteté syndicale.
2 La Fédération agricole des Ardennes, fondée fin 1907. Elle englobe aujourd’hui les syndicats de Pargny-Resson, Doux, Bertoncourt, Thugnÿ- Trugny, Saulces-Monclin, Blanzy, qui figurent au tableau que nous avons donné cidessus, et Seuil, Chuffilly, Sainte-Vaubourg, Boulzicourt, qui ne sont pas connus à la préfecture des Ardennes, pour une cause que nous ne soupçconnons pas.
La Fédération a pris pour devise: « Aidons-
nous, aimons-nous les uns les autres. >» Comme tout groupement agricole, elle traite des affaires d'engrais, charbons, ficelles, semences, etc. « Mais, nous écrit son Président, je considérerais cela comme un but bien insuffisant, si nous n’atteignions pas en même temps un but moral : développer l'esprit d'association et de solidarité, créer des œuvres d'assistance et de prévoyance, resserrer les liens entre patrons et ouvriers, donner aux travailleurs des champs conscience de la force qu'ils ont acquise par l’association, et les aider à s’en servir. »
3 L'Union agricole sedanaise, fondée à Sedan le 10 août 1910, et qui comprend 7 syndicats
affiliés : Autrecourt, Beaumont et Létanne, La Besace et Raucourt, vallée de la Chiers à Deux Villes, Glaire, Villette et Iges, vallée de la Chiers à Mogues, vallée de la Chiers à Sailly, qui tous figurent au tableau général.
Les Syndicats agricoles sont groupés dans deux régions distinctes, la vallée de l’ Aisne et la vallée de la Meuse en amont de Mézières ; en réalité, dans les deux régions essentiellement agricoles. Au contraire, on en trouve peu dans la vallée inférieure de la Meuse, exclusivement industrielle, et dans la partie du département que parcourt la ligne de partage des eaux, région de forêts et de pâturages. Toutefois, l'existence dans ces parages des halles du Syndicat départemental à Buzancy, Baëlons, Poix Terron, Chaumont-Porcien, Clavy-Warby et Auvillers, est un indice certain de l’affiliation d'un assez grand nombre de cultivateurs.
LÉGISLATION DES SYNDICATS. — Par le double exemple du Loir-et-Cher et des Ardennes dont les Syndicats agricoles datent d'avant la loi du 21 mars 1884 ; par les créations nombreuses qui se firent aussitôt la promulgation de la loi, on peut se rendre compte du réel besoin auquel celle-ci répondait.
Et c'est, par-dessus tout, la vulgarisation des engrais chimiques qui poussa les cultivateurs, en bataillons serrés, vers les syndicats.
Quand la concurrence étrangère avilit sur nos marchés le prix des céréales, les cultivateurs durent rechercher dans une production plus intense le profit qui leur échappait par la baisse des prix. Les plus avisés, les plus hardis peutêtre, et, disons-le à l’honneur de certaines de nos institutions, les plus instruits, ceux-là qu'avaient déjà formés nos Ecoles nationales et notre Institut agronomique, trouvèrent ja solution du problème dans l'emploi judicieux des guanos d’abord, des engrais chimiques ensuite.
Un commerce nouveau était né. Malheureusement, comme toujours en pareilles circonstances, la fraude ne tarda pas à entrer en jeu. L'auteur de ces lignes se souvient d’avoir trouvé, en 1881, dans un sac de prétendu guano, un morceau de brique qui avait résisté à l’action du broyeur. En 1883, un cultivateur qui avait accepté en dépôt un engrais composé, qu’il pensait écouler facilement dans son voisinage, tant le courtier lui en disait merveille, refusa l'envoi après avoir été mis en éveil par un moins naïf. L’action judiciaire qui s’en suivit nécessita une expertise. Celle-ci révéla que la marchandise, vendue au prix de 20 francs le sac, n’était
que du plâtre passé au noir de fumée, dont la gare destinataire tira 25 centimes.
Ces pratiques frauduleuses, d’un usage courant, ajoutées à l’exagération et au manque de régularité des cours, auraient vite rebuté les agriculteurs, si les syndicats ne s’étaient formés pour, d’une part, organiser un système peu coûteux d'analyses, qui obligea le commerce à l’honnéteté et à la sincérité dans les fournitures et, d'autre part, grâce aux adjudications publiques, déterminer des cours normaux dont les variations ne sont plus sujettes que des lois de la libre concurrence.
Démontrer lutilité de l’analyse des terrains pour déterminer avec exactitude la nature des engrais qui leur conviennent ; faciliter ces analyses, soit en créant des laboratoires spéciaux, soit en obtenant des laboratoires existants des conditions spécialement avantageuses pour leurs adhérents, telle a été une des premières préoccupations de la plupart des syndicats.
Grouper les commandes, de façon à proposer au commerce d'importants marchés qui provoqueraient des adjudications aux prix les plus réduits possibles ; exiger des garanties par des analyses d'échantillons pris au hasard des livraisons, analyses plusieurs fois répétées, et quand même peu coûteuses, les frais en étant répartis
sur une grosse masse, telle devait être la rude tâche des débuts.
I] convient d'ajouter qu’elle fut menée à bonne fin, et que si les fournisseurs d'engrais, de prime abord, essayèrent d’entraver l’action des syndicats, ils ne tardèrent pas à reconnaître qu'ils avaient en face d'eux une force avec laquelle il fallait compter, et que le mieux était de vivre en bonne harmonie avec ces organisations qui, en somme, représentaient une clientèle considérable.
Aujourd'hui, toutes les maisons sérieuses se pressent aux adudications des syndicats, et se font un titre, dans leur réclame, d’avoir pu s'assurer telle ou telle fourniture.
Les syndicats à circonscription étendue, les syndicats départementaux, par exemple, sont toujours assurés d'attirer à eux des fournisseurs qui leur consentiront les conditions de vente les plus avantageuses. Ils répondent done, sans conteste, au but essentiel des syndicats
On leur fait cependant le reproche de ne s’adresser qu'à une faible partie de la masse susceptible de suivre le mouvement syndical. Les dirigeants sont trop éloignés : ils ne peuvent exercer sur les adhérents possibles l’action directe, la pression encore nécessaire. Le petit cultivateur sort peu de son village ; il manque souvent
d'initiative personnelle et n’aime pas de s’imposer ; il attend au contraire qu’on le sollicite. C’est ce que ne peut faire le bureau d’un grand syndicat, sauf par des circulaires qui n'auront jamais la force persuasive de la parole.
Si on s’en rapporte aux chiffres, on se rend compte que cette critique n’est pas sans valeur. Le Syndicat départemental, dans les Ardennes, compte 2.800 adhérents pour 503 communes, soit une moyenne de 5,56 par localité. Or, si nous nous reportons au tableau général des syndicats ardennais, nous voyons que la moyenne, pour 36 communes groupées en 28 syndicats locaux, est exactement de 36 syndiqués par commune.
Le groupement des cuitivateurs est donc plus facile et davantage certain, quand l’organisme syndical se rapproche d’eux. L'influence moralisatrice que l’on se plaît à demander aux syndicats, comme adjuvant à leur influence matérielle, n’est guère possible, d'autre part, que dans une circonscription restreinte.
Il est dès lors aisé de s'expliquer l’accueil sympathique réservé à la création des syndicats locaux, par suite leur succès. Aussi, ne peut-on qu'aider à leur diffusion.
Il convient toutefois de se demander sil
est possible à ces petits syndicats de traiter les
affaires aux conditions du commerce de gros.
La réponse à cette question serait forcément négative, et alors l’association perdrait de sa vertu et de sa force puisqu'elle manquerait à son but le plus essentiel, si des esprits clairvoyants n'avaient prévenu le danger en créant des Unions de Syndicats. L'art. 5 de la loi du 21 mars 1884 leur en donnait le droit. Le 3 mars 1886, ils fondaient l’Union des Syndicats des agriculteurs de France, aujourd’hui dénommée Union centrale des Syndicats des agriculteurs de France, qui se donne pour but :
1° De servir aux syndicats unis de centre per: manent de relations, et de leur procurer les moyens et renseignements nécessaires pour les faire profiter de marchés avantageux et de tarifs de transport à prix réduits ;
2° D’encourager la création de nouveaux syndicats ;
3 De recueillir et communiquer aux syndicats unis toutes les indications, venant soit de l’intérieur, soit de l’étranger, qui seraient propres à les éclairer sur la situation respective des récoltes, sur les offres et demandes, et à guider ainsi les syndicats et leurs membres dans leurs opérations et marchés ;
4” De leur donner des avis et conseils en toutes matières contentieuses ou techniques sur les-