AUTRE
qui échappaient à leurs investigations comme à leur influence.
Le département des Ardennes appartenait alors aux généralités de Champagne, de Metz, du Hainaut, et à celle de Soissons pour une partie du canton actuel de Signy-le-Petit. Là seulement, par conséquent, quelques villages se trouvaient englobés dans la circonscription d’une société d’agriculture, celle de Soissons, créée par arrêt du Conseil du Roi, le 7 septembre 1761. Encore, en sommes-nous réduit à ce sujet à de simples conjectures, les archives départementales des Ardennes et de lAisne ne renfermant aucun document permettant de fixer avec certitude les limites des pays qui ressortissaient de ce groupement.
Du reste, l’œuvre de Gournai disparut avec la Révolution. Les Sociétés d'agriculture, de commerce et d'industrie durent se dissoudre après le vote de la loi des 8-14 août 1793, qui supprima les sociétés savantes.
SOUS LA. RÉVOLUTION ET L’EMPIRE. — La Constitution de lan IIT (22 août 1795) ayant rétabli le droit à l’association, quand celle-ci avait un but économique, scientifique, littéraire ou artistique, quelques sociétés agricoles se reconstituèrent, celles de Lyon, Rouen, Toulouse.
PS Le
Paris, qui s’érigea depuis en Société nationale d'agriculture ; d’autres se formèrent.
Letourneux, Ministre de l’Intérieur, à la date du 3 floréal an VI (22 avril 1798), adressa aux administrations centrales des départements une longue circulaire dans le style dithyrambique de l’époque, célébrant les mérites de la carrière agricole, et prônant la fondation de Sociétés d'agriculture *.
Par un arrêté du 22 prairial an VI (10 juin 1798), les Administrateurs des Ardennes créèrent une Société libr: d'agriculture, « ayant pour mission d’instruire les cultivateurs dans tout ce qui peut avoir rapport à l’économie rurale, et d'encourager leurs travaux. »
Malgré son titre de société libre, elle apparaît plutôt comme un organisme placé dans la main même des gouvernants, puisque les seize premiers sociétaires, dont Dubois-Crancé, qui résidait à Balham, furent nommés par arrêté de l’administration centrale. Il est vrai qu’ils devaient s’adjoindre d’autres membres jusqu’au maximum de 77, montant du nombre des cantons à l’époque. Néanmoins, les réels travaux de la Société se bornèrent à une collaboration assez étroite avec l'administration, pour « des statis-