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« La passion d'agrandir les facultés civiles et d'accroître le rôle de la personne, voilà ce qui anima nos classes rurales, voilà le souffle qui les portera au succès définitif (1). » N'est-ce pas en effet pour satisfaire le besoin de se rapprocher et de se soutenir que se sont formés les villages et paroisses ? N'est-ce pas d’une commune aspiration à la liberté que sont sorties les chartes communales et toutes ces associations qui sous des noms divers étaient répandues dans tout le royaume ? Aussi pouvonsnous constater pendant ce développement de la liberté personnelle, de la propriété paysanne et cette conquête des droits civils par les paysans, des périodes de prospérité et de bien-être où on mangeait de la viande à volonté, dit le vicomte d’Avenel (2). Pourquoi une révolution « pacifique » a-t-elle aux xvr' et xvur° siècles ramené les classes rurales de la France aux pires jours de la féodalité naissante ? C’est que Richelieu, Mazarin, Louis XIV ne connaissent plus le paysan presque choyé par Charles V, Louis XII et Henri IV ; ils ne voient que la prospérité de l’agriculture, et, par elle, la grandeur de la France (3), s’efforçant ainsi de faire revivre la vieille théorie romaine : Tout pour l’État.
« Il arriva, dit encore le vicomte d’Avenel, que les
(1) H. Doxoz : Histoire des classes rurales en France, p. 296, Paris, Guillaumin, 1867. Voir aussi Histoire des classes agricbles en France. par DARESTE DE LA CHAVANNE, Paris, Guillaumin, 1858.
(2) Vicomte D’AveneL : Paysans et Ouvriers depuis sept cents ans, Paris, Colin, 1899.
(3) La grandeur d’un pays n’a de valeur que dans la mesure où elle contribue à la sécurité de sa frontière et où elle favorise le
bien-être ou la culture de ses habitants. Ch. Sécréran : Études sociales, p. 304.