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III. Associations grammaticales

Par ressemblance (verbe-verbe: adjectif-adjectif, etc.). Par contiguïté (substantif-adjectif; verbe-objet, etc.).

AN a OLE ? en i885, sans prétendre non plus établir

une classification véritable, considérait comme ayant une « force associante » les rapports suivants : i° simultanéité; 20 succession; 3° contiguïté spatiale; 4° coexistence dans le même espace ; 5° partie à toùt et tout à partie ; 6° causalité, moyen à fin ; 70 ressemblance ; 8° contraste.

On le voit, toutes ces classifications sont fondées sur la forme intrinsèque, logique, du couple associé. Mais, en pratique, des associations offrant une même forme logique ont des valeurs bien différentes suivant que ce rapport est désiré ou non, est senti ou non. Où classer, par exemple, le couple feu- fumée ? S’agitil là d’un rapport logique de cause à effet, ou simplement d’une coexistence spatiale, ou plus simplement encore, d’une consécution verbale ? C’est ce qu’il est impossible de dire si l’on n’interroge pas le sujet lui-même sur la valeur qu’a pour lui cette association. Qu’importe que les termes d’un couple offrent un rapport logique ou autre, si l’association a été produite purement mécaniquement ! — Il faut donc en conclure que puisque avant d’effectuer le groupement par formes logiques, il y a quelque chose à savoir, c’est ce quelque chose qui doit servir de base à la première répartition.

Qu’est-ce donc? Quel est ce critérium ?

Pour le psychologue qui tient à marcher parallèlement à la physiologie, il y en a deux possibles : un critérium objectif ou un critérium subjectif. Mais, si les deux séries de faits psychiques et de faits physiques sont parallèles, ces deux critères ne doivent-ils pas pouvoir s’appliquer en même temps ? — Théoriquement, sans doute ; mais en pratique, et dans

Claparède. l3

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l’état actuel de la science, c’est impossible. Il faut choisir l’un ou l’autre. Une classification d’après le critérium objectif ne pourra être en effet qu’une classification d’après la plus ou moins grande complexité des phénomènes ; une classification subjective, au contraire, prendra toujours comme point de départ la valeur des associations formées. Or, dans notre ignorance de la physiologie fine du cerveau, il est impossible d’établir une échelle de complexités physiques parallèle à l’échelle des valeurs psychologiques. Ces dernières nous sont connues immédiatement, sont en quelque sorte des données immédiates de notre conscience; mais il n’est pas possible, au moins jusqu’ici, de les traduire en langage physiologique.

Ziehen (6,1) est le premier qui ait entrevu la nécessité d’effectuer le premier groupement sur une telle base ; il répartit les associations en deux grandes classes, Urteilassoziation et springende Assoziation, selon que l’association est ou n’est pas accompagnée d’un jugement : rose-rouge est une association disjointe (springende) ; la rose est rouge est une association avec jugement. Pour Ziehen, la présence ou l’absence de la copule suffit pour caractériser l’association. Mais c'est une hypothèse gratuite : tantôt le sujet peut avoir conscience du jugement qu’il forme, sans prononcer la copule ; tantôt au contraire il peut la prononcer machinalement, sans avoir pour cela saisi la valeur de la connexion. Si donc Ziehen a raison de penser que la présence ou l’absence d’un jugement est de première importance pour la classification, c’est à tort qu’il croit que la présence ou l’ab-, sence de la copule suffit à établir la distinction. —

2ig

Ensuite, Ziehen subdivise les associations suivant qu’il s’agit de représentations verbales ou de représentations d’objets ; puis selon leur nature individuelle ou générale; puis enfin suivant leur complexité. Or, certes, la nature et la complexité des représentations méritent d’êtres prises en considération, mais elles nous offrent des distinctions relativement secondaires. Avant la complexité, il faut, me semblet-il, considérer le rôle que le sentiment peut jouer dans l’association ; c’est un point que n’aborde pas le distingué psychologue allemand. On sait pourtant combien grande est l’influence de la vie affective sur le cours de la pensée.

Classification de Ziehen (1898).

f Terminaison de mots.

(Ass. rerôa /es.] Lieux communs (gelàufige Wortverbindung). [Assonances.

ASS. DISJOINTE' (Springende Ass.)i

ASS. AVEC JU-t GEMENT ( Ur-\ teilass.).

Simple - simple

li. Individuelles\\ l pures.

Ass. d’idées '2. Indiv. gené- XObjektass .).j raies.

{ 3. Gêner, indiv. y U- Génér. pures.

•JC

es. J

succes-

homosen- } sif.

soriel ) simulf tané.

( hétérosensoriel.

Simple-com- f partie-tout, plexe ( totalisie - J sans rapport d’orrendé) ( dination.

. Complexe-sim- f tout-partie, pie ( partialisie - ] sans rapport d’orrende ) f dination.

Complexe-complexe

/ partie -tout, tout-partie, sans rapport d’< dination.

N. B. — Chacune des rubriques dernières de ce tableau se subdivise elle -même en successif et simultané ; puis nouvelle subdivision selon la forme de la relation impliquée : identité, ressemblance, causalité, etc.

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Classification de Mayer et Orth (1901).

Les associations peuvent être réparties :

[ (n) sans faits de conscience inter- V calés.

, . ... ] (b) avec faits de conscience inter-

ou bien en associations { 1, ,

j cales (ceux-ci peuvent varier

/ en nombre, qualité et ton

1 affectif).

1(«) sans faits de conscience ac-

compagnateurs (begleitend) .

p » . j / l’inducteur

ouDicnen associations \ (6) avec laits de V ^ -

/ conscience ne- l , , r .

; a la lois 1 induit compaqnant ( . ,

1 1 J \ et 1 inducteur.

Ortii a proposé récemment une classification basée sur la présence ou la non-présence de faits de conscience, notamment de sentiments, intercalés entre l’inducteur et l’induit, ou les accompagnant; cet auteur a raison de vouloir substituer une classification purement psychologique aux groupements suivant la forme logique. Mais il faut bien s’entendre, et ne pas oublier que la forme logique a aussi un intérêt psychologique. Il n’est pas indifférent que le sujet ait ou non conscience de cette forme; ce sont-là deux cas psychologiquement bien différents, et qui pourraient précisément rentrer dans une des subdivisions de Orth. En outre, c’est la forme logique, qui, dans certains cas, fournit le seul renseignement que l’on puisse avoir sur le processus psychologique de l’association correspondante.

En résumé, le défaut des classifications proposées

jusqu’ici a été d’être trop exclusives : les unes ne tiennent compte que de la complexité des phénomènes, les autres, que de la nature logique du rapport effectué, — ou, lorsqu’on a pris en considération à la fois ces deux modes de groupement, on les a opposés l’un à l’autre, au lieu de les faire se compléter mutuellement : il est évident, en effet, que deux couples ayant même valeur logique peuvent différer sous le rapport de la complexité, et vice versa ; — enfin, aucune classification, sauf l’essai trop insuffisant de Zieiien, n’a tenu compte de la valeur qu’ont pour l’individu les associations qui se forment en lui.

§ 3. — Classification proposée.

C’est surtout pour remédier à ce dernier point que j’ai été amené à la classification exposée ci-après, dont les subdivisions principales, que je vais essayer de justifier brièvement, m’ont été suggérées par l’introspection, au cours de diverses expériences sur l’association.

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