PRÉPARATION
Nous avons déjà remarqué précédemment que l'excitant qui provoque l'association n'en est pas toujours l'inducteur : si un tableau trop vert me fait penser à un plat d'épinards, ce n'est pas le tableau, mais sa couleur verte seulement, qui est à proprement parler l'inducteur du terme évoqué. Le processus de concentration grâce auquel, dans le tableau, je n'ai vu que la couleur verte, qui m'a seule intéressé, précède le processus associatif,
l'associatïoiv des idées
mais n'a rien à faire avec lui. — 11 faut cependant, en pratique, le prendre en considération, afin d'éviter de mettre sur le compte de l'association ce qui n'est dû qu'à un phénomène de concentration préalable. — Il est rare qu'un excitant (surtout les tests de laboratoire) ne subisse pas quelque « préparation » : Si l'on montre au sujet, par exemple, la photographie d'un chien et qu'il réponde chat, le sujet n'a considéré qu'une partie de l'excitant, et a négligé le fait qu'il s'agit d'une photographie ; si le sujet est un photographe, il associera peutêtre au même test le mot objectif ou instantané, etc., il ne verra plus le chien, il ne verra que la photographie. — On comprend donc que, pour juger la forme d'une association, il faille préalablement faire la part de la préparation : pour reprendre les exemples ci-dessus, il faudrait noter, dans le premier cas, chien-chat, et dans le second photographie-instantané , bien que le test ait été le même dans les deux expériences.