‹ L'Association des idées [electronic resource]Chapitre 67 sur 93 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

§ 1. — Conscience et perception.

Il ne semble pas que nous ayons à examiner si l'association explique ou n'explique pas la conscience elle-même, ce phénomène primitif et simple qui échappe à toute analyse comme à toute définition. Certains associationistes, cependant, ont tenté d'en rendre compte; pour Bain (241), le changement, la succession, en sont la condition nécessaire : « C'est donc l'enchaînement, l'association même de nos états internes qui la constitue \ » — Il est difficile de critiquer cette opinion, car elle n'a absolument aucun sens ; et l'on peut s'étonner qu'elle ait été acceptée 'comme un dogme par plusieurs auteurs contemporains. Que le changement soit une condition de l'intégrité de notre sensibilité, il n'y a pas de doute : sans changement, la fatigue intervient, et la sensibilité s'émousse ou disparaît. Mais que la succession constitue notre sensibilité, c'est ce qui est difficile à concevoir ! Succession de quoi ? Comment, si les états

Page 1