‹ L'association et le travail attrayantChapitre 9 sur 13 · VII · texte numérisé non relu

VII

Des petites bandes.

L'activité et l'émulation des petites hordes doubleront d'intensité si on leur oppose le contraste que la nature a dû leur ménager. La majorité des enfants mâles incline pour le genre immonde, l'impudence et la rudesse ; on voit, par opposition, la majorité des petites filles incliner pour la parure et les belles

manières. Voilà un germe de rivalité bien prononcé ; il reste à le déYelopper, en application à l'industrie.

Plus les petites hordes sont distinguées par les vertus et le dévouement civique, plus la corporation rivale doit réunir de titres pour entrer en balance dans Topinion. Les petites bandes sont conservatrices du charme social^ poste moins brillant que celui de soutien de la concorde sociale affecté aux petites hordes ; mais les soins donnés aux parures collectives, au luxe d'ensemble, deviennent en régime sociétaire aussi précieux que d'autres branches d'industrie. Les petites bandes interviennent très-utilement dans ce genre de travail, elles ont pour attribution l'ornement du canton entier en matériel et spirituel.

Opposées en ton aux petites hordea.

158 X.'aS80GIA.T10N

elles se passionneat pour rattieiâjue; elles sont si polies que les garoonay cèdent le pas aux filles ; et c'est une coutume très-utile pour donner aux enfants le change sur les manières galaar tes des tribus de 20 à 30 ans. L'ea- £8tnceii'en soupçonne pas la cause^ parce qu'elle voit régner cette courtoiâe parmi les petites bandes qui sont com« posfées; d*enfants impubères ; elles brilr lent principalement aux écoles.

En sexe masculin^ qui n'y figure que pour un tiers, elles réimiront les jeunes savants, les esprits précoces cc»nme Pascal, ayant pour l'étude une vocation prématurée, et les petits efiéminjés qui dès le bas âge inclinent à la mcdr* lesse.

Moins actives que les petites hordes^ elles se lèvent plus tard et n'arrivent aux ateliers qu'à 4 heures du matin.

Elles ont la haute police du règne régétal ; ceAni qui casse nue branche d'arbre, qui cueille fleur ou fruit mal à propos, qui foule une plante par négli-»

gence, est traduit au sénat des petites bandes, qui juge en rertu d'un oodepé^ nal, appliqué à ce genre de délits^ comme le divan des petites hordes en polioe du règne animal.

La nature a ménagé, dans la réparw tition des caractères, une division forbdamentale en nuances fortes ou ma-^ jeures et nuances douces ou mineures^ distinction qui règne dans toutes les choses créées ; en couleur, du foncé au clair; en musique, du grave à Taigu, etc., ete« Ce contraste forme na^ turellemenrt;, ehez Tenfanca» la âistinc^ tion des petites hordes ^ petites ban«* des, adonnées i des fonctions opposées.

Les fonctions des petites hordes opè*

162 l'assocution

civilisée en contre-sens de marche, plaçant la théorie ayant la pratique, YV^i monde à rebours comme tout le système dont elle fait partie.

2® Simplisme cHaction. L'enfant est limité à un seul travail qui est d'étudier, pâlir sur le rudiment et la grammaire, matin et soir jtôndant 10 à 11 mois de Tannée; peut-il manquer de prendre les études en aversion ? c'est de quoi rebuter ceux mêmes qui ont l'inclination studieuse. L'enfant a besoin d aller dans la belle saison travailler aux jardins, aux bois, aux prairies ; il ne doit étudier qu'aux jours de pluie et de morte- saison , encore doit-il varier ses études. Il n'y a point d'unité d'action là où il y a simplicité de fonction.

Une société qui commet la. faute

d'emprisonner les pères dans des bureaux, peut bien y ajouter la sottise de renfermer Tenfant toute Tannée dans un pensionnat où il est aussi ennuya de l'étude que les maîtres.

3° Vice de fond dans l'emploi de la contrainte. L'enfant civilisé ne peut être façonné à l'étude qu'à l'aide des priyations, des pensums, des fouets, des palettes de cuir. Depuis un demi-siècle seulement, la science, confuse de cet odieux système, a cherché à le farder par des procédés moins acerbes; elle s'étudie à masquer l'ennui des enfants aux écoles, à créer un simulacre d'émulation chez les élèves, et d'affection pour les maîtres ; c'est-à-dire qu'elle a entrevu ce qui devait être, mais elle n'a trouvé aucun moyen de l'établir.

L'accord affectueux des maîtres et

j64 l'association

élèves ne peut naître que dans le cas d'instruction sollicitée comme faveur :

c'est ce qui n'aura jamais lieu en civilisation où tout l'enseignement est faussé par le contre-sens de placer la théorie avant la pratique, et par l'action simple ou perpétuité d'étude.

4° Vice de for me ^ méthode exclusive, opérant sur les élèves comme si leurs caractères étaient tous uniformes.

Ce ne serait pas trop d'une série de neuf ou douze méthodes sur lesquelles un enfant aurait l'option.

D'Alembert fut raillé lorsqu'il osa proposer, en étude de Thistoire, la synthèse inverse qui procède à contre-sens de l'échelle chronologique ; elle remonte du présent au passé, par opposition à la synthèse directe qui va du passé au présent. On reprocha à d'Alembert de

ET LE TRAVAIL ATTRAYANT i6& .

vouloir détruire le charme de l histoire et porter la sécheresse mathématique dans les méthodes d'enseignement :

étrange sophisme ! Aucune des méthodes ne porte la sécheresse ; elles sont toutes fécondes, sauf application aux caractères faits pour les goûter. Si oa ne présente pas aux enfants une série de méthodes à choix, beaucoup de caractères ne pourront pas prendre goût à rétude. Les contrastes seraient fort goûtés : au livre adulateur intitulé :

Beautés de l'histoire de France^ qu'on oppose en parallèle un écrit sincère sur les duperies de la politique française^ même sous Louis XIV et Bonaparte^ deux règnes si homogènes; on verra, l'étude des duperies séduire dix fois plus que celles des prétendues beautés^

5° Absence de ressorts en attraction.

matérielle. On a vu plus haut que nos méthodes manquent du ressort affectueux ou spirituel ; elles manquent de même des ressorts d'attrait matérîet, Topera et la gourmandise appliquée*

L'opéra forme Tenfant à l'unité mesurée qui devient pour lui source de bénéfice et gage de santé; il entraîne les enfants, dès le plus jeune âge, à tous les exercices gymnastiques et chérira phîques.

L'éducation sociétaire envisage dans Tenfant le corps comme accessoire et coadjuteur de Tâme; elle considère Tàme comme un grand seigneur qui n'arrive au château qu'après que son intendant a préparé les voies ; elle début^ par façonner le corps dans son jeune âge, à tous les services qui conviendront à Tâme harmonienne, c'està-dire à la justesse, à la vérité, aux

ET LE TRAVAIL ATTRAYANT f67

combinaisons, à l'unité mesurée. Pour habituer le corps à toutes les perfections, avant d'y façonner l'âme, on met en jeu deux ressorts bien étrangers à no»

méthodes morales, ce sont Vopéra et la cuisine ou gourmandise appliquée^

L'enfant doit exercer

Deux sens actifs, goût et (odorat,. par la cuisine;

Deux sens passifs, vue et ouïe; par Yopéra.

L'opéra est la réunion des accords matériels, on y en trouve une gamme • complète :

Page 1