CHAPITRE II
La doctrine de TAssomption durant les cinq premiers siècles.
L'Eglise catholique croit et enseigne, par divers organes de son magistère ordinaire, que la Très Sainte Vierge Marie est présente au ciel, en corps et en âme. Ce n'est pas là une opinion libre, mais une vérité certaine que l'on ne peut révoquer en doute sans commettre une faute grave. Car, dès que la pensée de l'Eglise, établie par Dieu gardienne et interprète de la doctrine surnaturelle, a été suffisamment manifestée, par une voie quelconque, tout fidèle a le
(1) De oeritate religionis christianœ, p. 2. c. i\, p. 2.
devoir de l'accepter en toute soumission d'esprit et de cœur.
Or, ce que l'Eglise croit, a toujours été, et est à jamais certain. Bien plus, cela a toujours été cru, au moins implicitement. Il peut se faire, en effet, qu'une vérité restée jusqu'à un moment donné, moins aperçue dans le dépôt doctrinal, vienne à resplendir davantage et à être mieux connue, par suite d'une étude plus approfondie, provoquée par les circonstances, ou simplement amenée par la marche naturelle des investigations de la foi intelligente. C'est le progrès du dogme, non pas en soi, puisqu'il est complet et achevé depuis l'établissement de l'économie évangélique, mais par rapport à nous, aux yeux desc[uels il apparaît avec plus de clarté. Il arrive ainsi qu'à une période de silence, plus ou moins longue, sur un point de la doctrine révélée, succède un enseignement explicite et formel.
L'absence de témoignages écrits, datant des premiers siècles, peut s'expliquer de la sorte, au sujet de certains dogmes. Mais, il y a encore une autre cause, qui est parmi les principes de la théologie catholique. La doctrine surnaturelle, que l'Eglise a mission d'enseigner au monde, n'est pas contenue tout entière dans la Sainte Ecriture ; elle se trouve aussi dans les traditions orales authentiques, transmises par l'autorité enseignante, d'une génération à l'autre. Plusieurs fois, les conciles œcuméniques, par exemple, le septième qui est le second de Nicée (787) ; le huitième, quatrième de Constantinople (869) ; ceux de Trente et du V'atican ont affirmé leur existence et condamné ceux qui oseraient les rejeter.
« Il est évident, dit saint Jean Chrysostome, que les Apôtres n'ont pas tout mis dans leurs
lettres, mais qu'ils ont enscign(3, de vive voix^ beaucoup de clioses, qu'il faut croire. C'est pourquoi nous ajoutons foi à la tradition de l'Eglise (1). )) Et saint Basile dit aussi : « Les dogmes que l'Eglise garde et prêche lui viennent, soit de la doctrine écrite, soit de la tradition apostolique parvenue jusqu'à nous. Les uns et les autres ont la même autorité ; et quiconque a la moindre idée des droits do l'Eglise, se garde bien d'y contredire (2). »
Or, ces traditions orales n'ont pas, toutes, été consignées par écrit, surtout dès le commencement de l'Eglise ; et l'on ne saurait demanderaux premiers siècles de nous donner, soit dans des recueils officiels, soit dans des œuvres privées, l'énoncé intégral de ce qui compose le dépôt de la doctrine révélée. Comme le lui a ordonné son divin Fondateur, l'Eglise prêche la vérité ; et c'est sa parole qui donne autorité à toute écriture doctrinale : à l'Ecriture Sainte, parce qu'elle en garantit l'origine divine et l'inspiration ; aux recueils officiels, parce qu'ils contiennent ses décisions doctrinales ; aux œuvres de ses docteurs, parce qu'elles expriment sa pensée.
L'absence de témoignages écrits, d'une époque, sur une doctrine reçue dans l'Eglise ne nuit donc en rien à la vérité de cette crovance. Pour ne citer qu un exemple, les premiers siècles ne nous apportent pas de témoignage explicite sur l'Immaculée Conception ; il faut la déduire des formules qui la contiennent réellement, mais non formellement.
Ainsi en va-t-il de l'Assomption, qui est affir-
(1) Ho/n. 4 in ep. II ad Thessal., c. 2. (P. G., lxii, 488.)-,
(2) De Spiritu Sancto. c 27. (P. G., xxxii. W.)
mée, en termes clairs, seulement au sixième siècle, dans le livre de saint Grégoire de Tours : De la gloire des martyrs. Auparavant, les saints Pères donnent à Marie des titres qui paraissent contenir, au moins d'une manière confuse, le privilège de l'Assomption, mais ne l'énoncent pas formellement.
Saint Hippolyte de Rome (260) dit en parlant de Notre-Seigneur qu'il « était sans péché, formé quant à l'humanité, de bois incorruptibles, c'està-dire de la Vierge et du Saint-Esprit, revêtu, au dedans et au dehors, du Verbe de Dieu, comme de l'or le plus pur (1). »
Saint Méthode (312) s'adresse à la Vierge en ces termes : « Quand vous êtes apparue en ce monde, comme un jour resplendissant, la puissance du tyran infernal a été dissipée, la mort détruite et l'enfer vaincu (2). » Et saint Ephrem dans ses belles prières à la Mère de Dieu, l'appelle «toute pure, tout immaculée, tout irrépréhensible, toute louable, tout incorrompue, toute bienheureuse (3). »
De son côté, saint Epiphane (367), dans son grand ouvrage contre les hérésies, dit : « .Est-ce que la Sainte Vierge Marie n'entrera pas dans le royaume des cieux avec sa chair, elle qui n'a jamais commis aucune action charnelle mais €st restée sans tache (4) ? »
Saint Grégoire de Nysse, le frère de saint Basile le Grand, développe sous une autre forme, le même argument : « Depuis Adam jusqu'à la Mère de Dieu, la mort a régné ; mais elle a été détruite en Marie, parce qu'elle a heurté en elle
(1) In PsaL, XXII, 1. (P. G., x, 610.)
(2) De Simeone et Anna, n. 5. (P. G., xvm, 360.)
(3) S. Ephrœmi opéra (éd. Assemani) grœca, in, 528.
(4) AdoersLcs kœreses, 1. 1, t. m, hser. 42. (P., G. xli, 778.)
18 l'assomition de la très sainte vierge
le fruit delà virginité, comme une pierre d'achoppement (1) . »
Si d'après ces témoignages, auxquels on pourrait en ajouter d'autres, laSainte Vierge est incorruptible ; si, de fait, elle n'a pas connu la corruption ; si l'intégrité originale de sa chair lui donne droit d'entrer au ciel avec son corps ; si elle a détruit la mort, c'est donc que, dans la pensée de ces Pères, la Mère de Dieu jouit de la double gloire de l'âme et du corps ; ainsi, dès le iii^ et le IV'' siècle, il existe des témoignages écrits authentiques et orthodoxes, affirmant, au moins implicitement, le privilège de l'Assomption de Marie.
Il faut écarler un passage de la Chronique d'Eusèbe, où l'Assomption est mentionnée, mais que les érudits regardent comme interpolé. La même exclusion s'applique à un sermon, dit de saint Augustin, composé au xii® siècle, et à l'histoire de l'abbé palestinien, Euthymius, et de Juvénal, patriarche de Jérusalem, au v® siècle. La tradition doctrinale ne peut invoquer ces divers textes.
Au contraire, plusieurs ouvrages apocryphes des premiers siècles fournissent, sur la réalité de l'Assomption de Marie, des témoignages qu'on ne doit pas négliger. Car, ils sont, en cela, les échos de la croyance caiholique. En effet, s'ils s'accordent avec les données théologiques — ce qui est le cas — , et si l'on a réussi à déterminer exactement l'époque de leur composition, ils prouvent l'existence de cette conviction à cette époque donnée, réserve laite de ce qui n'est pas doctrinal en ce qu'ils disent. Le nom, vrai ou faux, de l'auteur n'importe pas, mais bien
(1) De Virginitate, c. xiii, (P. G. xlvi, 377.)
l'époque et l'orthodoxie de la doctrine (1). Il ne s'agit point — faisons-le remarquer, de nouveau — des circonstances historiques dans lesquelles a eu lieu l'Assomption, mais du fait même delà glorification deMarie dans son âme et dans son corps, purement et simplement. Tout le reste est en dehors de la question. De la sorte, les apocryphes peuvent être invoqués comme des témoins véridiques de la tradition doctrinale de l'Eglise, qui, loin de leur devoir sa propre existence, leur a, elle-même, donné naissance. c( Si quelquefois, dit le savant M. Le Hir, ils ont influencé l'opinion des peuples, l'Eglise n'en est pas responsable ; et d'ailleurs ils ont eux-mêmes tout autant suivi que dirigé le mouvement de l'opinion. Rien ne montre mieux quel concert de louanges retentit de bonne heure autour de son nom béni, quelle auréole de respect, de vénération et d'amour a toujours environné sa mémoire que le grand nombre de légendes qui circulèrent dès les premiers temps sur les époques les plus obscures de sa vie. Les textes sacrés n'avaient rien dit de son berceau ni de sa tombe. Mais les souvenirs d'une piété toute filiale devaient y suppléer. Et si la crédulité, l'imposture ou rhércsie se sont emparées de ses souvenirs pour les dénaturer, nous sommes les premiers à déplorer cet abus. Mais il n'en faut pas moins reconnaître que par là l'imposture et riiérésie ont, à leur insu, rendu à la vérité un éclatant témoignage (2) . » Quand les apocryphes nous parlent du fait de l'Assomption, on peut donc y ajouter foi, en laissant de côté les détails
(l)JuRGExs, ZeUechrLfr, fur katollsche Théologie, lospruck, 18S0, p. 611.
(8^ Etudes bibliques, sect. 3, art. 4.
circonstanciels, dont l'authenticité n'est point prouvée.
L'Eoamjile des Douze Apôtres, récemment découvert et qui date du commencement du II® siècle, nous apporterait le plus ancien témoignage écrit sur l'Assomption, si ce récit faisait réellement corps avec l'œuvre elle-même ; mais ce n'est qu'un supplément, dont l'attribution est loin d'être certaine, et qui offre une grande analogie avec celui qui est attribué faussement à Evodius, disciple de saint Pierre (1).
Un des écrits, composés au ii® siècle sous le nom de Leucius, est le livre du Trépas de la Vierge. Dans cet ouvrage et dans les autres du même auteur, faussement iDrésenté comme un disciple et un compagnon des Apôtres, il faut distinguer, avec soin, la doctrine et les faits. La première peut n'être pas acceptable ; et pour discerner le vrai du faux chez les seconds, il n'y a qu'un seul critérium possible, celui « d'une tradition plus ancienne et conservée par un canal indépendant dans la mémoire des fidèles. Cette tradition n'a point fait défaut à l'Eglise ; et voilà pourquoi le parti le plus sage, même aux yeux de la pure raison, sera toujours de s'en rapporter à elle, de croire ce qu'elle croit et de respecter ce qu'elle respecte (2;.»
La remarque est d'autant plus vraie qu'elle s'applique à un fait, où le dogme se trouve engagé, comme c'est le cas pour l'Assomption.
Avant le concile d'Ephèse (413), un ouvrage syriaque, dont le D"" Wright a publié des fragments sous ce titre : Obsequies ofthe holy Vir-
(1) Reoue Biblique 1904, p. 349-355. — Baumstark, Les Apocryphes coptes, ibid., 1906, p. ~48.
(2) Le Hir, loc. cit.
çjin, mentionne explicitement la résurrection de Mario (1).
Les autres apocryphes paraissent postérieurs à la célèbre assemblée, bien que quelques traits, surtout dans un texte copte publié par Zoëga, dénotent une plus haute antiquité (2). On n'est pas fixé définitivement sur l'âge de l'Evangile du pseudo-Gamaliel, et de celui du pseudo-Barthélémy, que l'on croit être de la seconde moitié du V® siècle (3). Le livre du pseudo-Méliton, De transitu Mariœ Virginis, parut vers le milieu du v^ siècle ; il est le plus connu de tous, et se rapproche beaucoup du précédent.
Il existe encore d'autres récits de l'Assomption, dont l'un est attribué à saint Jean l'Evangéliste, et l'autre à Joseph d'Arimathie ; ils datent, à peu près, de la même époque (4). On ne peut placer ici le livre des Noms divins ^ composé à la fin du v® siècle par un auteur que l'on a pris, à tort, pour saint Denis l'Aréopagite. Le passage, où quelques-uns ont cru voir le récit des derniers moments et de la résurrection de Marie, est très obscur, et parle probablement de tout autre chose.
Ainsi, les apocryphes eux-mêmes, où parfois les erreurs doctrinales s'ajoutent aux extravagances du récit, rendent hommage à la réalité du fait de l'Assomption. Ils sont des témoins de la croyance catholique sur ce point ; ils ne lui
(1) Contributions to the apocryphal littérature of tfie New Tes^ tament. London, 1865.
(2) Catalogua codicum coptioorum muscei borgiani, n. cxx, p. 223.
(3) LADEuatE, Apocryphes évanqéliques coptes (Reoue d'histoire ecclésiastique de Louvain, avril 1906).
(4) TisciiENDORF, Apocalypses apocryphcej Leipzig, 1866. — Bonnet, Bemerkungen uber aie àltesten Sohrifften von der Himinelfahrt Maria (Zeitschri/t Jur wissenschaitliche Théologie. 1880).
22 l' ASSOMPTION DE LA TRÈS SAINTE VITROR
ont pas donné naissance, comme Je prétendent les critiques protestants ou rationalistes. Ce n'est point à des sources douteuses ou impures que l'Eglise va demander l'objet de sa foi. Loin de là ; les apocryphes inspiraient une telle défiance que l'Eglise, par un décret solennel qui est entré dans le Corps du droit (1*^ partie, dist. 15), interdit aux fidèles la lecture du livre De transitu Mariœ. Sa réserve et sa modération apparaissent là, comme toujours. Ainsi, bien qu'elle ait inséré dans l'office du quatrième jour clans l'octave de l'Assomption, un passage de saint Jean Damascène reproduisant, dit le texte, une ancienne et très vêridique tradition, l'Eglise a supprimé les deux mots : très vêridique^ pour ne pas couvrir de son autorité, des détails fort contestables et rien moins que prouvés.
Au ix'' siècle, saint Théodore Studite regardait la tradition de la présence des Apôtres prés du tombeau de la Vierge comme ayant été rapportée par saint Clément de Rome. Voici ce qu'on lit dans sa Catechesis chronica^ à propos des jeûnes à observer : « Si la fête de la dormition de la Mère de Dieu immaculée tombe le mercredi ou le vendredi, nous ne prenons ni viande ni laitage à cause du grand prodige de cette mort admirable. Car alors, comme nous le trouvons dans les écrits de Clément de Rome, les vénérables Apôtres du Sauveur restèrent durant trois jours près du tombeau, jusqu'à ce qu'un ange les eût instruits de tout l'événement. » (P. G., t. 99, c. 1702.)
La réaction contre les apocryphes eut même ses excès chez certains auteurs qui, par crainte de leur emprunter la substance même du fait de l'Assomption, préférèrent garder le silence
sur ce point incontestable de la doctrine catholique. C'était méconnaître le caractère doctrinal du privilège de Marie, la portée des affirmations implicites des Pères des premiers siècles, la valeur de la tradition orale officielle, et, on peut le dire, l'importance relative du témoignage des apocryphes.
Le silence des cinq premiers siècles à l'égard de l'Assomption n'est donc pas tel qu'on ne puisse, durant cette période, recueillir les indications suffisantes sur le triomphe complet de la Vierge ressuscitée. Si elles ne sont pas plus explicites, sauf celles de quelques apocryphes qui sont recevables dans l'espèce, il est facile d'en apercevoir les raisons. Outre quelesdogmes n'ont pas, tous, été consignés par écrit, dès ces commencements, il fallait laisser à l'économie de la croyance chrétienne le temps de se préciser et de prendre corps, sous la double influence du progrès normal par l'enseignement et l'étude, et des nécessités des circonstances, particulièrement, des luttes contre les hérésies. C'est une explication très plausible du peu de place de l'Assomption dans la littérature chrétienne des premiers siècles. Il y en a d'autres, qui montrent que cette doctrine, à laquelle les rédacteurs d'apocryphes ont ajouté des détails incertains ou puérils, doit être d'origine apostolique. A cette époque de l'Eglise, une grande réserve s'imposait dans l'enseignement écrit à cause des hérétiques et des païens, qui auraient peutêtre détourné de son vrai sens le culte rendu à une femme. Vierge et Mère de Dieu. De plus, le culte de Marie n'était pas aussi développé que plus tard ; et l'attention des écrivains ecclésiastiques souvent absorbée par les préoccupations de la polémique ou les persécutions, ne pouvait
s'arrêter, en détail, à tous lers points du dogme.
Il est un point à signaler dans l'art chrétien, à propos de l'Assomption de la Sainte Vierge. Si le sarcophage de Santa Engracia, d Saragosse, représente vraiment l'enlèvement de Marie au ciel — ce qui paraît certain — nous aurions la un témoignage de la croyance des chrétiens du iv^ siècle au privilège de la Mère de Dieu (1).
L'accord universel dans l'Eglise, que la liturgie et les documents écrits nous manifestent dès la deuxième moitié du sixième siècle, ne s'explique aussi d'une manière raisonnable et satisfaisante que par son origine apostolique. L'Eglise ne peut avoir reçu cette doctrine de l'Assomption — car c'est une doctrine, et pas seulement un fait historique, même miraculeux — d'un auteur hétérodoxe ou suspect. Une pure légende, due à une imagination enthousiaste, n'a pu s'imposer à l'autorité ecclésiastique, de façon à provoquer, partout, l'institution d'une fête solennelle (2). Et sans la tradition orale apostolique, transmise et garantie par l'enseignement officiel, l'Eglise ne pouvait plus attester, au sixième siècle, la réalité de l'Assomption; les témoins manquaient, et les documents aussi, probablement. Il est vrai que restait le progrès du dogme ; mais celui-ci vient des Apôtres. Ainsi, soit par tradition orale explicite ; soit, au moins implicitement, par connaissance plus développée de la vérité surnaturelle ; plus probablement de cette double manière combinée, la doctrine de l'Assomption est d'origine apostolique. Autrement, disait le
(1) Fernandez-Guerra, Monumento zaragozano del ano 312 que représenta la asuncion de la Virgen.
(2) TuR\\Eu, Dictionnaire de la Bible (Vigoureux), au mot Assomp tion.
Postulatum des Pères du Concile du Vatican, l'Eglise aurait fait preuve d'une crédulité excessive : Nisi Jirmissima Ecclestœ Jides quoad corpoream Beatœ Marlœ Virginis Assumptionem clici velit nimis creduUtas^ quod vei cogitare impium est, procul dubio eani a tradi~ tione divino-apostolica, id est, a Revelatione ortum habere firmissime tenendum (1).