‹ L'Assurance Contre Le ChomageChapitre 101 sur 138 · SECTION PREMIÈRE L'ASSURANCE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE L'ASSURANCE

L’assurance contre le chômage, en tant qu’assurance destinée à permettre à l’homme de se garantir contre un fléau, nous a paru n’offrir aucun caractère spéciel

qui puisse en empêcher la réalisation et présenter des inconvénients sérieux pour les contractants ; pour l'assureur, la liberté d'accepter ou de refuser le risque, pour l'assuré, la concurrence entre les assureurs offrent de part et d'autre des garanties suffisantes permettant à cette institution d'obtenir les résultats réalisés pour les autres risques, surtout grâce au concours pécuniaire soit des particuliers, soit des pouvoirs publics, qui, nous l’avons vu, n’a pas fait défaut.

Mais dès que l'intervention des subventions publiques ou privées acquiert une assez grande importance, et cela paraît absolument nécessaire pour accomplir une œuvre utile pour tous les rangs de la classe ouvrière, la disproportion entre le service rendu et les avantages offerts devient telle que l'institution présente de sérieux inconvénients. Le désir légitime de faire bénéficier tous les salariés des avantages de l'assurance entraine des abus contre lesquels il est très difficile de rémédier. Les objections que l’on a présentées deviennent alors sérieuses et graves. 5

Dans une Société parfaite, où tous les membres s'imposeraient le maximum d’effort, les institutions reposant sur la mutualité seraient sûrement les seules à proposer, et la forme de l'assurance nous apparaitrait comme l’unique solution.

Malheureusement, les résultats des quelques expériences que nous avons rencontrées nous montrent amplement que, dans nos Sociétés, il existe une forte proportion de parasites et l'assurance devient alors pour eux une véritable assistance qui les encourage à

rester dans l’inaction. Cependant l'assurance doit être d’un secours efficace pour tous ceux qui n’ont pas mérité d’être victime du fléau, mais il est bien difficile de distinguer le chômage immérité et le chômage mérité. | Comment apprécier la part de volonté du sans travail dans les causes du renvoi pour les derniers rangs de la classe ouvrière. Grâce à la solidarité, des ouvriers sans valeur peuvent bénéficier de secours hors de proportion avec les charges imposées; l’assurance étendue à ces individus revient en réalité à l’assistance et il est facile de comprendre que les ouvriers de valeur ne veuillent pas participer à ces œuvres, grâce auxquelles ils seraient obligés de suffire à l’entretien d’une plèbe jusqu'ici à la charge des classes riches.

SECTION II

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