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SECTION III COMBINAISON DE L'ÉPARGNE, DU PRÊT ET DE L'ASSURANCE

Le principe de l’assurance mutuelle réunissant l'effort de tous les membres, pour constituer la réserve commune sur laquelle seront prélevées les indemnités, est absolument indispensable pour offrir des ressources suffisantes. Mais afin de distribuer les charges d’une façon équitable, il nous paraît utile d'adopter le principe de l'épargne en conservant à chacun la propriété éventuelle sur ses versements. A cet effet, toutes les primes versées seraient portées par exemple sur un livret individuel à l’actif de celui qui les a payées.

Pour celui qui a recours aux services de la Caisse, les dépenses qui sont faites pour lui sont portées à son passif. L'intérêt des sommes disponibles, s’il y en a, au lieu de se capitaliser au profit de tous, sera distribué entre tous les membres au prorata de leur actif net, c’est-à-dire après avoir déduit les sommes portées à leur passif. Ainsi tous les membres bénéficient des grands avantages de la capitalisation de l'épargne. D'autre part, lorsqu'un membre se retire de la Caisse, il a droit à une part de l'excédent de la Caisse au prorata de son actif net. Enfin, pour alléger les charges et pour ne pas encourager ceux qui ont recours à la Caisse à abuser de cette faculté, ceux qui ont touché des indemnités doivent faire leurs efforts pour les rembourser lorsque leur situation le leur permet. A cet

effet, tous ceux dont le passif est supérieur à l'actif sur leur compte individuel subiront une augmentation dans leurs primes, augmentation sensible mais faible toutefois, car après une période de chômage la situation est précaire, l'indemnité dans une œuvre sociale, pour ne pas encourager à la paresse, devant être bien inférieure au salaire.

Grâce à cette combinaison de l’assurance, du prêt et de l'épargne, nous estimons que les inconvénients présentés par chaque système disparaissent en partie.

La solidarité apporte ses bienfaits à celui qui se trouve sans travail en lui offrant ses secours gratuits. Nous obtenons ainsi les avantages de l’assurance.

Celui qui n’a pas recours aux services de ses semblales conserve, dans la mesure du possible, le bénéfice de ses sacrifices (avantages de l’épargne).

Enfin celui qui a eu utilisé le concours de l’institution se trouve obligé de chercher à réparer les préjudices qu’il a pu causer (avantages du prêt).

Il nous semble même utile d'adjoindre la disposition suivante : à la mort de tout assuré dont le livret présentera un déficit, la Caisse se portera créancière, mais ses droits ne seront valables contre les héritiers directs que si leur part atteint une certaine valeur; ils conser veront toute leur force à l'égard des autres héritiers.

Tel est l'organisme qui nous paraît le plus propre à réaliser l’œuvre poursuivie; nous lui conserverons le nom d'assurance, puisqu'il peut obtenir les résultats que présentent ces institutions et qu’il remplit le rôle de l'assurance par l’efficacité de sa protection.

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