ONE
secours auquel l’ouvrier à droit. Quelle est sa compétence pour décider si c’est réellement la faute de celu; qui s'adresse si souvent à la Caisse? Les camarades de la profession savent au contraire exactement les raisons qui ont motivé la situation de ce sans travail et ils ont qualité pour décider s’il est juste de suppr'mer tout secours à un membre indigne.
La tâche du Comité pour effectuer le placement sera en outre facilitée, car les places vacantes dans la région seront signalées par les camarades intéressés à ne pas avoir trop longtemps le chômeur à leur charge. Quant aux places qui peuvent se trouver disponibles en d’autres lieux, les divers Comités d’une même profession, en se mettant en rapport constant, pourront se les signaler et la Caisse paiera les frais nécessaires pour les déplacements du sans travail.
Les Caisses seraient des organes bien placés pour se renseigner, par l'intermédiaire des pouvoirs publics et des unions professionnelles étrangères, sur la situation du marché du travail daus les divers états. L'ouvrier ne serait plus la proie de certaines agences d’émigration dont les exploits sont tristement célèbres. Pour la colonisation, le gouvernement, connaissant par l'intermédiaire de ces Caisses la qualité prof:ssivnaelle des ouvriers disponibles, pourrait chercher à diriger l'exploitation industrielle de ses colonies en vue de leur utilisation ; ces Caisses pourront obtenir tous les frais de transport aux meilleures conditions.
Nous estimons qu'il devrait être établi en outre une institution spéciale, destinée à faciliter le retour des ruraux dans les campagnes. La majorité des ouvriers sans travail se compose d'ouvriers des
IIS campagnes venus âgés dans les villes et n'ayant pu acquérir une capacité professionnelle suffisante. Ces malheureux accepteraient souvent de retourner dans leur village, mais l’ouvrier des champs doit avoir quelques avances; il ne peut compter sur l’assistance publique et sur les quelques journées de travail que l’on trouve à la ville dans la plus mauvaise saison, grâce auxquelles on peut vivre malgré la misère.
Pour retourner au pays, il faudrait posséder ce petit pécule ; la Caisse doit se charger de le fournir pour faciliter ce retour des ruraux vers les campagnes, si désirable.
d) Meilleure distribution du travail.
La participation des ouvriers d’une même profession offre surtout à notre avis l’avantage de permettre une meilleure distribution du travail entre eux. Il est certain que l'intérêt actuel des ouvriers les porte à chercher à obtenir le plus fort salaire, quelles que soient les conséquences de leur excès de production vis-à-vis de leurs collègues. La perspective d’avoir à subvenir à leurs camarades rejetés de l'atelier par suite du manque de travail les engagera à chercher des moyens d'entente pour éviter ces désastreux effets.
Il y a là un moyen de prévenir le chômage dont l'importance n’est pas à dédaigner.