‹ L'Assurance Contre Le ChomageChapitre 107 sur 138 · OBJECTIONS AU PRINCIPE · texte numérisé non relu

OBJECTIONS AU PRINCIPE

a) L'Assurance obligatoire serait-elle une atteinte à la liberté individuelle ?

Cest là à notre avis une objection de mot qui ne soutient pas l’analyse. L'assurance ne consiste que dans le paiement d’une cotisation et sa réalisation ne serait qu'un impôt spécial prélevé sur une catégorie de citoyens plus directement intéressés dans la question du chômage. Or, si d’exiger le paiement de cette

2 OUE E cotisation est une atteinte à la liberté individuelle, que penser du paiement d'impôts pour des œuvres auxquelles on est particulièrement hostile. Le paiement par le libre penseur de la portion d'impôt pour l’entretien des cultes, la contribution au budget de l’enseignement laïque par les congréganistes, ne sont pas en général regardés comme des atteintes au grand principe de la liberté.

En outre, la liberté est le droit pour chacun de faire ce qui ne nuit pas à autrui; or, l’ouvrier qui est sans ressources en cas de chômage tombe à la charge de la collectivité, car les plus ardents partisans du self help n’ont jamais proposé de le supprimer.

Lorsque le salarié n’a plus ni travail ni ressources, c’est d’abord les petits fournisseurs qui lui ont ouvert un peu de crédit qui sont les premières victimes, ensuite tous ceux qui compatissent à sa situation; par suite cette liberté aboutit à faire peser sur des personnes absolument étrangères aux causes du chômage les conséquences d’un fléau que d’autres auraient peut-être pu empêcher; on ne peut donc pas dire que cette liberté ne nuit pas à autrui, il serait au contraire juste et équitable de reporter, par l'assurance, la charge sur ceux qui peuvent exercer une influence sur le chômage.

La véritable liberté est l'indépendance de l'individu ; l'assurance contre le chômage tendrait au contraire à fortifier cette indépendance; l’avantage conquis de ce côté compenserait donc largement l’obligation de verser une cotisation, obligation qui ne peut être regardée que comme le paiement d’un impôt supplémentaire.

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