‹ L'Assurance Contre Le ChomageChapitre 108 sur 138 · PR RES · texte numérisé non relu

PR RES

b) Le principe de l'obligation ne doit-il être appliqué à l'assurance contre le chômage que lorsqu'il aura été appliqué pour les autres assurances ?

Objecter, comme M. Lenz, qu'il ne faut songer à instituer l'obligation pour l’assurance contre le chômage, parce qu'elle est la dernière dont on se soit occupé, que lorsqu'elle existera pour les assurances mobilières plus anciennes qu’elle, est certainement une grosse erreur.

La perte d'objets mobiliers n’a pas les conséquences sociales du chômage et les raisons qui feraient admettre l’assurance obligatoire pour le chômage ne se présentent pas pour les autres assurances (1).

c) Les travailleurs ne désirent pas être soumis à des retenues sur leurs salaires.

Il n’est jamais agréable d’être soumis à de nouvelles charges, mais si les avantages qui peuvent en résulter

sont assez appréciables, il est certain que cette objection perdrait de sa valeur (2).

(1) Il est même à remarquer que le principe de l'obligation ne pourrait que présenter des conséquences fâcheuses et multiplier les sinistres, alors que pour le chômage nous établirons que le fait inverse se produit.

(2) J’ai vécu dans un milieu ouvrier et j’avoue que tous ceux que j'ai connu étaient grands partisans des assurances ouvrières; le principe d'obligation leur importait fort peu; la seule considération était que leur contribution füt en proportion avec leurs ressources.

LANG AE L'ouvrier, comprend de mieux en mieux l'intérêt de

ces œuvres et les principes de solidarité pénètrent chaque jour davantage dans ce milieu.

d) Hostilités des mutualistes au principe de l'obligation.

On présente aussi comme argument l'hostilité aux idées d'obligation manifestée par les Sociétés de secours mutuels.

Cette objection n’a jamais porté en réalité sur l’assurance contre le chômage, puisque, avant la loi de 1898, les mutualités n'étaient pas autorisées à pratiquer cette assurance.

D'ailleurs des mutualistes distingués comme M. Schnetzler reconnaissent comme évident la nécessité d'admettre l'obligation pour l’assurance contre le chômage, et M. Vermont, si hostile au principe de l’obligation (1), reconnaît que la question est absolument d’ordre différent; c’est ce qu’il nous exprime dans la réponse qu’il a bien voulu nous adresser : (L'assurance obligatoire contre le chômage n’aurait évidemment rien de commun avec la Mutualité, association libre contre les malheurs forcément involontaires (2) ».

Si quelques chefs, partisans à outrance du self help, repoussent le principe d'obligation même dans la question du chômage, la masse des mutualistes est assurément indifférente à la question.

(4) Voir article dans la Revue des Institutions de prévoyance, t. IT, année 1888, p. 562.

(2) Lettre du 24 février 1899.

Il y aurait grand intérêt pour la prospérité des œuvres de prévoyance à voir réussir une organisation de l'assurance contre le chômage, qui peut seul permettre aux derniers rangs de la masse ouvrière de participer aux avantages de la Mutualité.

Page 1