POS A
C) Autres tentatives — Les essais réalisés par le gouvernement genévois à diverses reprises de 1846 à 1877 donnèrent des résultats aussi désastreux (1).
$ Il. — Travaux de secours présentant une certaine organisation industrielle mais sans rapport avec la profession des ouvriers.
En 1789, indépendamment des chantiers de terrassement, la municipalité sur les fonds d’une souscription publique ouvrit quatre ateliers de filatures pour les femmes; bientôt ces ateliers passèrent à la charge du Trésor qui dut verser pour l'exercice 1790-91 755,000 livres, y compris les frais d'installation et 'es achats de matière première. La vente des produits couvrit un tiers des dépenses. Les ouvriers travaillaient à la tâche mais, étant donné leur inexpérience, leurs produits étaient d’une vente très difficile (2).
S ITT. — Travaux de secours cherchant à utiliser les capacités professionnelles du sans travail.
En 1848, le directeur des ateliers nationaux organisa un atelier de charronnage pour la réparation du matériel et deux ateliers de tailleurs et de cordonniers dans le but de fournir à prix coûtant des chaussures et des vêtements aux ouvriers des ateliers nationaux. Ils eurent à peine quelques mois d'existence et ne purent
(1) Egger, L'assurance contre le chômage, 1884, p. 17. (2) Documents sur le chômage, p. 87.
cs Q% Es
donner des résultats appréciables. Des tentatives plus intéressantes furent les ateliers sociaux.
Ateliers sociaux. — Suivant les idées de Louis Blanc, on a également tenté les ateliers sociaux où les ouvriers associés accomplissent un travail qualifié et qui présentent sûrement de réels avantages sur les ateliers d'Etat qui accompliraient une pareille tâche. Ces ateliers reçurent pendant les années 1849, 1850 et 1851, environ 2 millions 1/2 avec les intérêts qui portèrent cette somme à 3,435,550. De 1849 à 1879, l'Etat reçut sur sa créance 1,700,000 francs. Il a donc perdu environ la moitié de la somme avancée (1).
Toutes ces expériences confirment bien les prévisions théoriques. Sous quelque forme que lon admette l’application du droit au travail, sa réalisation n'offre comme résultat qu'une dépense absolument hors de proportion avec les services rendus et démontre l'impossibilité matérielle évidente de recourir à de semblables moyens, qui ne peuvent amener qu’à l’anémie sociale et à la perte d’un Etat.
SECTION III
NOUVELLE FORME SOUS LAQUELLE SE PRÉSENTE LA THÈSE DU DROIT AU TRAVAIL. L'ASSURANCE PUBLIQUE CONTRE LE CHOMAGE.
La thèse du droit au travail à été reprise en Suisse (1893) par une demande d'initiative signée de 52,387
(1) Enquête de la Commission extra-parlementaire des associations ouvrières, 2e volume, p. 358, année. 1883.
AHORETE citoyens présentée le 23 août à la Chancellerie fédérale, mais cette fois les revendications précises s’écartent de ce droit au travail sous la forme expérimentée en France en 1848. Cette revendication, quoique se présentant sous l’étiquette de l'assurance, n’est encore en réalité que la revendication du droit pour l’individu sans travail d’être entretenu par le budget public.
Voici d’ailleurs le texte de cette proposition de revision de la Constitution fédérale.
Le droit à un travail suffisamment rétribué est. reconnu à chaque citoyen suisse.
La législation fédérale, celle des cantons et des communs doivent rendre ce droit effectif par tous les moyens possibles : En particulier, il y a lieu de prendre les mesures suivantes :
a) Deréduire les heures de travail dans le plus grand nombre possible de branches d'industries dans le but de rendre le travail plus abondant.
b) D’organiser des institutions telles que Bourses du travail destinées à procurer gratuitement du travail à ceux qui en auront besoin et que l’on placerait directement dans les mains des ouvriers.
c) De protéger les ouvriers contre les renvois injustifiés.
d) D’assurer d’une façon suffisante les travailleurs contre les suites du chômage, soit au moyen d’une assurance publique, soit en assurant les ouvriers à des institutions privées à l’aide des ressources publiques.
Les trois premières propositions présentent des revendications spéciales, qu’il nous parait inutile de: