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discuter ici; la quatrième seule réclame, sous le nom d'assurance, le droit à l'assistance, qui n’est autre que le droit au travail, à la différence près que l'indemnité sera allouée même sans avoir fait remplir à l’ouvrier la formalité préalable d'un simulacre de travail.
Nous ne pouvons admettre le nom d'assurance pour une semblable institution.
L'assurance est un contrat synallagmatique qui fait naître des obligations pour les deux parties, versement des primes de la part de lassuré, paiement de l’indemnité pour l'assureur lorsque le risque se produit.
Mais le versement de la prime est absolument nécessaire de la part de celui qui veut bénéficier des avantages du contrat. Les signataires de [a proposition considèrent l'obligation de l’assuré comme inutile; elle est sans doute remplie par les services rendus antérieurement par l’ouvrier à la société.
Si la supposition de services rendus peut être réelle dans certains cas, malheureusement pour la plupart de ceux qui formeraient la clientèle de la caisse où seraient payées les indemnités, il est probable que les services par eux rendus seraient difficilement appréclables. Cet accomplissement tacite de l'obligation de l’assuré est absolument inadmissible.
Le. droit au secours de la société est d’ailleurs admis par la législatiou suisse, dans laquelle existe le droit à l’assistance. Il semble qu’il eût été plus naturel de réclamer une organisation plus sérieuse de ce droit.
On à voulu lui donner une apparence moins avilissante peut-être, mais il nous paraît inutile de changer
AL EAU le nom d’une institution déjà existante et qui ne doi pas être assimilée à l’assurance.
D'ailleurs, le nom d’assurance était sans doute employé pour des raisons spéciales. Le citoyen suisse n’a droit à l’assistance que dans sa commune d’origine: les diverses tentatives d'assurance contre le chômage, dont nous étudierons les détails, reconnaissent naturellement le droit à l'indemnité dans la commune où a été passé le contrat, c’est-à-dire dans la commune de résidence, la reconnaissance du droit à l’assurance entrainerait l'assistance par la commune dans laquelle l’ouvrier travaille. L’ouvrier n’est plus obligé de retourner à son village lorsqu'il ne peut plus se suffire dans le centre urbain où il s’est établi. Il peut continuer à rester dans la ville. Il est aisé de comprendre les motifs de ce nom d'assurance, et les conséquences désastreuses au point de vue de la dépopulation des campa gnes qu'aurait entraînée l'adoption d'une semblable proposition, l'intensité du chômage n'aurait pu que s'accroitre. Le peuple suisse a d’ailleurs repoussé cette proposition le 3 juin 189% par 308,289 non, contre 75,880 oui, (soit dans la proportion de 5 contre 1), sur 680,000 électeurs inscrits et par l'unanimité des vingtdeux cantons. C’est donc à une énorme majorité que ce projet connu sous le nom « d'initiative du droit au travail » à été rejeté. Il est plus que probable que pareille proposition rencontrerait encore moins de faveur et avec juste raison dans les autres nations.
Le droit à l’assistance nous parait même bien peu désirable, sauf pour ceux qui sont incapables de suffire à leurs besoins. L'adoption d’un semblable principe
c’est l'entretien des citoyens par l’Etat. Une telle institution ne peut qu’affaiblir le ressort des énergies et amoindrir la dignité de celui qui n’est plus en réalité qu'un mendiant ayant recours à la charité publique. Son principal effet serait d’augmenter la masse des paresseux qui, sous le nom de sans travail, formeraient bientôt une population amollie improductive et insouciante rappelant la plebs romana et dont une faible reproduction nous est offerte par la classe des mendiants en Angleterre où est reconnu ce droit à l’assistance. Un semblable résultat n’est pas encourageant, et cette institution n’est possible que dans des pays où existe une richissime aristocratie vivant du produit de florissantes colonies comme l’antique Rome et l’Angleterre actuelle.
La vaillante population suisse a pu admettre ce principe, mais l’obligation pour celui qui ne peut plus se suffire de revenir dans son village natal, au milieu de ses montagnes, offre ici une compensation que l’on ne peut retrouver dans les autres pays. Pour notre France, par exemple, il nous semble absolument funeste d'admettre ce droit à l'assistance.