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il sera limité à quelques industries. Il se retrouve d’ailleurs pour tous les risques, l'assurance réparatrice a toujours pour conséquence d'augmenter le nombre des sinistres. Cette condition n’est donc pas spéciale au chômage ; elle ne peut offrir une importance plus forte que dans les autres risques et ne peut constituer un empêchement sérieux pour réaliser l'assurance.
40 Le risque du chômage n'est pas localisé, c'est-àdire que sa valeur peut atteindre une importance telle que la généralité des dommages rendrait vaine toute tentative de compensation entre les risques assurés, l'assurance n'étant en dernière analyse qu'un système de répartition despertes que subissent les patrimoines. — Pendant les périodes de crise industrielle, il est certain que le fléau du chômage peut présenter une acuité extrême et le nombre des sans travail peut dépasser toutes les prévisions, mais les incendies qui ont dévoré Chicago et Hambourg et cette année même la Pointeà-Pitre, les épidémies de choléra et d’influenza, etc., offrent des faits analogues.
Il suffit de considérer les courbes établies d’après les statistiques du chômage publiées par les syndicats français et anglais pour constater combien ces courbes offrent peu de variation. S'il se présente de brusques changements, ils sont toujours de faible durée, car ils entraineraient des révolutions ou la mort de la nation.
5° Il est impossible d'établir l'assurance contre le chômage sur des bases sérieuses et scientifiques comme pour les autres risques, cette base fondée sur
EN pe les statistiques ne pouvant être établie pour le chômage. — Dans l'article déjà cité des Schweizerische Blætter, M. Schærtlin, très versé dans la technique des assurances, estime que la base scientifique fait défaut pour l'assurance du chômage; c’est également opinion émise par M. Numa Droz dans sa lettre au Musée social, opinion qu’ilnous à confirmé dans la réponse (1) qu'il a bien voulu nous adresser, et où il nous déclare que M. Schamblin, mathématicien au Bureau fédéral des assurances suisses, partage cette conviction.
Il est en effet difficile ici d'établir la base utile à toute assurance, la statistique, et il y a là une question inquiétante pour toute Société qui veut tenter cette assurance.
Il est certain que le chômage est un sinistre trop inaperçu et sur lequel les statisticiens ne se sont guère exercés: toutefois, les enquêtes continues des pouvoirs publics, commencées ces dernières années par les Offices du Travail dans de nombreux pays, permettront sans doute d'établir des statistiques sérieuses en cette matière. Cette base scientifique est sûrement fort utile, mais n’est-il pas impossible de s’en passer; les tables de mortalité sur lesquelles sont fondées les assurances sur la vie sont reconnues fausses d’après les statisticiens eux-mêmes et la plus grande longévité de la vie humaine que l’on ne pouvait prévoir est venue les fausser encore, à l'avantage des Compagnies.
Les statistiques d’accidents n'étaient pas bien
(1) Lettre du 6 mars 1899.